PARIS : Métiers d’art – Huit binômes d’exception distingués pour assurer la transmission de savoir-faire rares
Le ministère de la Culture dévoile les huit binômes lauréats de la promotion 2026-2028 du programme Maîtres d’art–Élèves, un dispositif unique destiné à préserver le patrimoine vivant français.
Le ministère de la Culture a officiellement annoncé la composition de la 16ème promotion du programme Maîtres d’art – Élèves pour la période 2026-2028. Huit artisans d’exception ont été distingués pour leur maîtrise de savoir-faire rares et se voient confier la mission de les transmettre à un élève de leur choix durant deux ans. Ce dispositif, géré par l’Institut pour les Savoir-Faire Français, est un pilier de la politique de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel français, assurant que des gestes et techniques précieux ne sombrent pas dans l’oubli.
Dans son éditorial, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, souligne l’importance de cette initiative.
« *Dans le silence attentif des ateliers, là où la patience et la maîtrise forment la matière, se trouve une part essentielle de notre héritage commun. Car si les métiers d’art sont des savoir-faire, ils sont aussi une mémoire vivante, une manière d’habiter le temps et de relier les générations par la transmission du geste juste* », déclare Catherine Pégard.
Pour la ministre, cet enjeu dépasse la simple conservation.
« *Cette diversité est une force culturelle, mais aussi une force économique et territoriale. […] Ils incarnent, à leur manière, une forme de souveraineté culturelle et productive que nous devons pleinement assumer et protéger* ».
Une promotion 2026-2028 riche et diverse
La nouvelle promotion se distingue par la variété des métiers représentés, dont six spécialités inédites au sein du programme. Plus d’une cinquantaine de candidatures ont été examinées pour sélectionner les huit binômes qui incarneront l’excellence et la transmission pour les deux années à venir. Ces artisans, issus de cinq régions françaises, œuvrent dans des domaines aussi variés que la décoration, le patrimoine bâti, la culture et la mode.
Les lauréats de la promotion 2026-2028 sont :
– Richard Auroux, stucateur marbre et pierre (Île-de-France), et son élève Ludovic Brun.
– Emmanuel Carlier, archetier (Île-de-France), et son élève Lydia Golde.
– Martin Claudel, taillandier (Bretagne), et son élève Caroline Hasne.
– Thomas Consani, spécialiste du tirage photographique à l’agrandisseur (Île-de-France), et son élève Alexandre Dias Lopes.
– Henri Gohin, facteur d’instruments à vent historiques (Île-de-France), et son élève Jules Leroy Terquem.
– Olivier Joannen, tisseur à bras de velours de soie (Hauts-de-France), et son élève Pauline Desmullier.
– Antoine Lescombe, facteur d’instruments à cordes frottées (Normandie), et son élève Nolwenn Lefevre.
– Marianne Peter, marbreuse sur papier (Nouvelle-Aquitaine), et son élève Paloma Errecaborde.
Un dispositif d’État unique en Europe
Créé en 1994 sur le modèle des « Trésors Nationaux Vivants » du Japon, le titre de Maître d’art est la plus haute distinction décernée par l’État à un professionnel des métiers d’art. Il ne s’agit pas d’une récompense honorifique, mais d’une mission : celle de transmettre un savoir-faire rare menacé de disparition.
Le programme structure cette transmission à travers un compagnonnage exigeant de deux ans en atelier. Chaque Maître d’art reçoit une allocation pour lui permettre de dégager le temps nécessaire à la formation de son Élève. Ce dernier bénéficie également d’une dotation pour développer son projet professionnel, que ce soit pour acquérir de l’outillage, suivre des formations complémentaires ou investir dans l’innovation.
Luc Lesénécal, Président de l’Institut pour les Savoir-Faire Français, qui pilote le programme depuis 2012, rappelle le caractère exceptionnel de cette démarche.
« *Accompagner l’émergence d’une nouvelle promotion du programme Maîtres d’Art – Élèves est l’une des missions les plus nobles de l’Institut pour les Savoir-Faire Français. […] Ce dispositif est unique au monde par la place qu’il accorde à la transmission au long cours et par les moyens mobilisés pour la soutenir* », précise Luc Lesénécal.
Des savoir-faire rares, leviers d’innovation et d’avenir
Loin d’être figés dans le passé, ces métiers d’exception sont des maillons stratégiques pour de nombreuses filières d’excellence et répondent à des enjeux contemporains. La taillanderie, par exemple, s’inscrit dans une démarche durable en fournissant des outils ergonomiques et recyclables. Le stuc marbre, quant à lui, se réinvente comme une alternative écologique à l’extraction intensive de certaines carrières.
Ces savoir-faire sont également essentiels à la restauration du patrimoine, comme l’a démontré la reconstruction de la charpente de Notre-Dame de Paris grâce à des techniques médiévales maîtrisées par quelques artisans seulement. Ils contribuent enfin au rayonnement international de la France, incarnant une excellence technique et artistique recherchée dans le monde entier.
Pour approfondir la connaissance de ces métiers, l’Institut pour les Savoir-Faire Français a développé le projet Per Durare, une plateforme de ressources collaborative accessible à tous.
L’étude complète et la liste des Maîtres d’art depuis 1994 sont disponibles sur le site de l’Institut (https://www.institut-savoirfaire.fr/).
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

