PARIS : Mauro COLAGRECO : « La cuisine a le pouvoir de tran…
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PARIS : Mauro COLAGRECO : « La cuisine a le pouvoir de transformer le monde »
Relais & Châteaux et l’UNESCO lancent quatre projets pilotes mondiaux pour promouvoir une gastronomie durable et protéger la biodiversité.
L’hôtellerie et la gastronomie mondiale franchissent une nouvelle étape dans leur transition écologique. Dans la continuité du partenariat stratégique établi en 2024, Relais & Châteaux et l’UNESCO dévoilent quatre initiatives conjointes déployées sur plusieurs continents. Ces projets, présentés à Paris début février, mobilisent des chefs de renommée internationale et s’articulent autour de sites et conventions désignés par l’institution onusienne, tels que les réserves de biosphère et le patrimoine culturel immatériel.
Une alliance stratégique pour le vivant.
L’objectif affiché est clair : promouvoir des pratiques durables en harmonie avec le vivant. Chaque établissement participant s’engage à respecter la nature, préserver les savoirs locaux et inspirer le changement au niveau international. À l’origine de cette impulsion se trouve Mauro Colagreco, chef du Mirazur à Menton, Vice-Président Chefs de Relais & Châteaux et Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO pour la biodiversité.
« En tant qu’Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO pour la biodiversité, j’ai passé ces trois dernières années à défendre la biodiversité et à inspirer le plus grand nombre à rejoindre cette mission collective », explique le chef triplement étoilé.
Pour lui, la gastronomie dépasse la simple création de saveurs : « Je crois que la cuisine a le pouvoir de transformer le monde. […] C’est surtout réimaginer les systèmes alimentaires pour nourrir la vie et l’harmonie ».
Quatre initiatives pilotes d’envergure.
Les projets se répartissent sur quatre continents, illustrant la diversité des approches possibles pour protéger l’environnement.
En Afrique du Sud, le chef Peter Tempelhoff du restaurant FYN collabore avec la Réserve de biosphère de Kogelberg. Il intègre dans sa cuisine des espèces indigènes cultivées sur ses propres fermes pour décourager la cueillette sauvage illégale, sensibilisant ainsi sa clientèle à l’importance écologique de la région Florale du Cap. En France, la cheffe Anne-Sophie Pic (Maison Pic) s’associe au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ancrée dans la Drôme et l’Ardèche, elle œuvre à la restauration de l’Auberge du Pin, berceau familial, et à la réintroduction de variétés végétales anciennes. Cette démarche vise à valoriser le terroir local et pourrait, à terme, ouvrir la voie à une nouvelle désignation UNESCO pour la région.
Éducation et préservation des écosystèmes marins.
Outre-Atlantique, Daniel Humm, chef du célèbre Eleven Madison Park à New York, travaille avec la Réserve de biosphère du Champlain-Adirondack. Il lance le « Food Futures Lab », un projet co-créé pour encourager l’éducation autour de la cuisine végétale. L’initiative met l’accent sur l’apprentissage communautaire et le partage des connaissances avec les producteurs locaux et autochtones. Au Japon, le chef Shinobu Namae (L’Effervescence) se concentre sur les écosystèmes marins en lien avec le site du patrimoine mondial d’Amami-Oshima. Il promeut des méthodes de pêche sélectives à faible impact, comme la pêche en apnée au harpon, et participe à la restauration des herbiers marins.
« La régénération des forêts sous-marines est tout aussi essentielle que celle des forêts terrestres », rappelle le chef, qui documente ces pratiques pour prouver qu’une gestion responsable est possible.
Une volonté commune au sommet.
Ces initiatives marquent la première concrétisation majeure du rapprochement entre l’association hôtelière et l’organisation internationale.
Laurent Gardinier, Président de Relais & Châteaux (https://www.relaischateaux.com/fr/), salue l’engagement de ses membres : « En valorisant les ingrédients indigènes ou oubliés, en préservant le patrimoine culturel immatériel et le savoir-faire […], ces chefs incarnent nos engagements pour un développement durable en harmonie avec le vivant ».
De son côté, Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO (https://www.unesco.org/fr), souligne la dimension humaine de ces projets.
« Ces projets montrent comment la gastronomie peut devenir une force avec et pour les populations — en protégeant la biodiversité, en gardant le patrimoine culturel vivant et en façonnant des modes de vie plus durables », a déclaré le responsable.


