PARIS : Lingerie – Le marché français se réinvente
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PARIS : Lingerie – Le marché français se réinvente
À la veille du Salon International de la Lingerie, qui se tiendra du 17 au 19 janvier 2026, le marché français affiche une profonde mutation.
Avec un chiffre d’affaires de 2,01 milliards d’euros en 2025, le secteur privilégie désormais la qualité à la quantité, comme en témoigne une montée en gamme significative (+3,1 % sur le prix moyen) malgré un recul des volumes (-2,6 %). Cette transformation s’accompagne d’un retour en force des circuits spécialisés, qui reconquièrent les consommatrices en quête d’expertise et de conseil, au détriment de la grande distribution.

Le marché de la lingerie française opère une recomposition stratégique. Face à une consommation plus raisonnée, les Françaises achètent moins mais mieux, privilégiant des pièces à plus forte valeur ajoutée, alliant durabilité, confort et technicité. Une tendance de fond qui redessine le paysage de la distribution et confirme le statut du soutien-gorge comme pièce maîtresse du vestiaire intime.
Qualité et technicité avant tout.
Le soutien-gorge (incluant bustiers et brassières) reste l’investissement prioritaire des Françaises, concentrant 57 % des dépenses totales. Cette prédominance s’explique par une réalité morphologique : le bonnet C est désormais le plus répandu et la demande pour les bonnets profonds (D, E et plus) est en constante augmentation. Si la tendance « no bra » est médiatisée, elle reste marginale face au besoin essentiel de maintien pour une majorité de femmes.
Les consommatrices plébiscitent ainsi des produits techniques, dont la qualité, l’ajustement parfait et les matières nobles justifient un budget plus élevé que pour les bas. Cet arbitrage en faveur de la qualité se retrouve également dans le segment du homewear, où le pyjama monte en gamme et le pyjashort connaît une croissance spectaculaire de +40 %.
Le grand retour du conseil en boutique.
Après une année 2024 difficile, le paysage de la distribution est marqué par le retour spectaculaire des points de vente physiques spécialisés. Les chaînes de centre-ville et de centres commerciaux regagnent 2,6 points de part de marché pour atteindre 30,9 % des ventes. Les boutiques indépendantes progressent également (+0,4 point), confirmant l’appétit pour un service personnalisé et une expertise pointue.
Cette dynamique se fait principalement au détriment de la grande distribution alimentaire, qui recule de 2 points et pèse désormais 20,2 % du marché. Le canal digital, quant à lui, poursuit sa croissance modérée (+0,5 point) pour s’établir à 21 % des ventes, démontrant la complémentarité des expériences d’achat. Le message est clair : pour la lingerie, le conseil, l’essayage et l’expérience client reprennent le pouvoir.
Les marques iconiques, entre héritage et modernité.
L’année 2026 est marquée par les anniversaires de maisons emblématiques qui illustrent la résilience et le savoir-faire de l’industrie française : Chantelle fête ses 150 ans, Empreinte ses 80 ans et Lise Charmel ses 50 ans.
Dans le même temps, le secteur continue d’innover. Aubade dévoile une nouvelle direction artistique pour renforcer son positionnement premium, avec un logo « couture » et une prochaine boutique concept à Paris. La marque DIM, icône du confort, fait quant à elle son grand retour au Salon pour présenter sa nouvelle identité retail. Pour marquer l’événement, neuf grandes marques de lingerie française, aux côtés de DIM, s’afficheront dans la station de métro Porte de Versailles, célébrant un héritage commun et un message de confiance pour toutes les femmes.