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PARIS : L’IA sur mesure

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PARIS : L’IA sur mesure

Le temps de la découverte ludique est passé. En entreprise a commencé celui du déploiement opérationnel de l’IA.

Ou plutôt des IA, à visées et à configurations diverses, selon un art des “cas d’usage”. Entretien avec Nicolas Gaudemet, “Chief AI Officer”, Onepoint.

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à l’intelligence artificielle ?

Nicolas Gaudemet : J’ai fait des études scientifiques, donc j’ai goûté tôt à l’algorithmie. J’ai travaillé dans le secteur des médias et du divertissement et comme directeur commercial d’Orange. Surtout, j’ai été directeur du pôle culture de Fnac Darty, tout ce qui est livre, musique, vidéo. C’était ça mon fil conducteur, médias et divertissement, avec l’innovation, puisque ces secteurs étaient touchés par la tech. En 2018, la “data” devenait un sujet qui montait. DeepMind, une filiale de Google, venait de sortir un modèle qui avait battu le premier joueur mondial de go. Je me suis dit qu’il se passait des trucs, j’ai lu un livre d’IA et je n’ai rien compris. Parce qu’expliquer l’IA dans un livre ne montre pas concrètement comme ça marche. Donc j’ai codé de l’IA, j’ai pris des cours à Stanford et je me suis plongé dedans. Après, j’ai dirigé le cabinet du secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi, où nous avons mis en œuvre le plan “AI for humanity” qui avait été écrit avec Cédric Villani. Ensuite j’ai rejoint Onepoint¹, où j’ai développé le secteur médias-culture-divertissement, et les activités de datascience, en particulier d’IA. De plus en plus, puisque j’y ai été nommé, il y a quelques mois Chief AI Officer.

On ne peut pas comprendre l’IA dans un livre mais y aurait-il un moyen de dire succinctement ce qu’est l’intelligence artificielle générative ?

N. G. : C’est un type d’intelligence artificielle qui s’oppose à l’intelligence artificielle analytique, laquelle s’appuie sur des données chiffrées, structurées en tableaux de valeur, pour faire des prédictions de vente par exemple, des recommandations de produits sur un site web, etc. L’IA générative est différente, au sens où elle traite beaucoup de données non structurées : des mots, du langage, des images, du code informatique, des molécules… Et ces données non structurées, les IA génératives sont capables non seulement de les analyser, mais aussi de générer de nouvelles données : de nouveaux mots, de nouvelles images, de nouvelles vidéos, etc. D’où le nom de génératif.

En quoi consistent les services de Onepoint pour les entreprises ?

N. G. : Nous accompagnons nos clients, entreprises et organisations publiques, sur tous leurs sujets de transformation. À la fois du conseil en stratégie, en marketing ou auprès des grandes directions métiers en excellence opérationnelle, en design, et de la mise en œuvre de produits technologiques. Donc typiquement de la data, de l’IA, du cloud, du développement d’applications, de sites web, du test de service avant mise en production sur le marché. Pour la data et l’IA, nous avons à peu près trois cents spécialistes, huit cents en comptant tous nos spécialistes autour du cloud. Nous couvrons tous les sujets d’IA.

Des enjeux dans tous les métiers, pour toutes les directions opérationnelles

Dans les grandes entreprises de PGC où il y a beaucoup de départements, vos services s’adressent-ils plutôt par exemple au directeur commercial, au directeur marketing, au directeur RH ?

N. G. : En fait, il y a des cas d’usage de l’IA, en particulier de l’IA générative, dans toutes les fonctions. J’interviens dans beaucoup de séminaires de direction, comité exécutif, etc. Il y a toujours un moment où je le leur montre que toutes les fonctions y passent, et à la fin tous se rendent compte que tous sont concernés. En RH par exemple, doublement : parce que l’IA générative peut aider à faire des comptes rendus d’entretiens, à faire un bon mariage entre des CV et des missions, à rendre un corpus documentaire plus accessible, conversationnel avec des chatbots, pour des formations, etc. ; et parce que les fonctions RH sont clés dans la transformation des entreprises, or comme l’intelligence artificielle, en particulier générative, est un énorme sujet de transformation, qui va toucher à peu près tous les talents , les équipes RH sont concernées au titre de l’accompagnement au changement.

À la formation continue, quoi…

N. G. : La formation, mais même l’évolution des compétences et des parcours. Par exemple pour la GEPP, la gestion des emplois et des parcours professionnels, qui va identifier comment les compétences nécessaires des différents métiers vont se transformer avec l’IA générative. On va peut-être passer moins de temps à faire des comptes rendus et un peu plus de temps à réfléchir sur le fond, du coup, les compétences utiles vont se transformer. Et pour utiliser de l’IA, il faut acquérir des compétences, il faut savoir lui parler, ce qu’on appelle le “prompt engineering”. Donc les besoins en compétences vont changer. Et les parcours professionnels, puis les besoins de recrutement, donc les équipes RH sont affectées à double titre. Les équipes marketing, vont l’être sur tous les sujets de création de contenu, d’analyse automatique des verbatims client, etc. Les équipes de vente sont très concernées par les questions de prédiction de vente, qui vont aussi toucher les équipes logistiques, pour optimiser les stocks, etc.

Pour les prédictions de vente, auriez-vous un cas concret d’utilisation de l’IA ?

N. G. : Il y a des IA qui vont être très bonnes pour apprendre de la saisonnalité et la reproduire d’une année à l’autre, en injectant des paramètres exogènes qui la déforment. Il y en a qui sont très bonnes pour apprendre à partir d’un historique de vente de produits plus ou moins comparables, pour se projeter sur un nouveau produit. C’est un cas d’usage assez bien balisé qui intéresse toutes les questions d’optimisation de la fabrication et des stocks, et même d’organisation dans les entrepôts, pour mettre au plus près des préparateurs de commandes un produit dont on sait qu’il va bien se vendre.

Et pour les directeurs financiers ?

N. G. : Pareil : les outils prédictions de vente, ça peut les aider. Par exemple pour des prédictions budgétaires. Et l’IA générative va toucher tous les outils, tous les métiers de la connaissance : demain, les équipes financières vont avoir à disposition des outils bureautiques augmentés par de l’IA générative. Il y a une version d’Excel qui va ainsi intégrer un moteur conversationnel, qui s’appellera Excel Copilot, et permettra à ceux qui ne savent pas faire de macros dans Excel de poser des questions à Excel en langage naturel.

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SOURCE : ILEC – La Voix des marques