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PARIS : L’exposition « À la croisée des eaux, les é…

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PARIS : L’exposition « À la croisée des eaux, les échos de demain au Bicolore »

Entre l’or qui s’invite à la Maison Guerlain par le prisme de clichés engagés, les sérigraphies envoutantes de Chuck Sperry à la Galerie de L’Œil et le périple introspectif que nous propose Jeannette Ehlers au Bicolore, les expositions gratuites de cette semaine dépassent toutes nos espérances !

Découvrez notre sélection des expositions les plus éblouissantes à faire cet été à Paris.

Découvrez nos images de l’exposition par Jeannette Ehlers : À la croisée des eaux, les échos de demain au Bicolore à la Maison du Danemark.

La notion d’identité est-elle devenue aussi universelle qu’individuelle ?

La question du « Qui suis-je ? » se conjugue t-elle désormais au « Qui puis-je être ? » . Une voix singulière se dresse pour nous répondre, celle de Jeannette Ehlers. À la croisée de ses racines trinidadiennes et danoises, l’artiste nous invite à un périple introspectif et métissé, au cœur du Bicolore, plateforme de l’art contemporain de la Maison du Danemark. Son travail interroge les thèmes du genre, de la race et du pouvoir, nous offrant une expérience artistique à la fois affective et intime. Photographie, vidéo, installation, performance, ses œuvres s’articulent telles les pièces d’un puzzle, s’imbriquant au cœur des espaces architecturaux du plateau du Bicolore, dans une quête d’identité guidée par la mémoire, la résilience, et ce soubresaut rebelle du questionnement. Un autel religieusement chorégraphié, composé de seize smartphones diffusant une valse frénétique de scènes d’insurrection ; un hommage magistral à Pearl Primus dont Jeannette Ehlers interprète une scène poignante mêlant les « cheveux »de l’histoire aux attaches aliénantes du colonialisme ; une incarnation troublante de l’icône brésilienne Escrava Anastacia, esclave affranchie dont l’artiste troque le masque de fer punitif pour un visage combustible en charbon, prenant ainsi la mémoire à contrepied, dans un enfermement volatile ; L’artiste déploie ici tout le potentiel décolonial pour nous rappeler que l’histoire n’est pas passée, comme une invitation à écouter les échos de demain qui résonnent déjà en nous.

A vos agendas : 
Vernissage de l’exposition

Le 28 mai à 19h – Entrée libre & gratuite
Art Talk : Crossing Waters, the Ripples of Tomorrow, avec Jeannette Ehlers, Elvan Zabunyan & Elisa Leïla Durand
Le 29 mai à 19h – Entrée libre & gratuite
Art Talk sur Karen Blixen avec Thomas Wisniewski, Judith Thurman et Catherine Lefebvre
Le 12 juin à 19h – Entrée libre & gratuite

Trois œuvres à la loupe dans l’exposition Jeannette Ehlers, à la croisée des eaux, les échos de demain :

Au cœur de cette exploration, « Diasporic Frequencies » se démarque en tant que performance chorégraphique, hommage vibrant à Pearl Primus. À travers cette œuvre, l’artiste dépeint l’impact du colonialisme sur la diaspora, mettant en lumière la chevelure comme symbole de résistance et d’émancipation.

L’autre pièce majeure de l’exposition, « Anastacia – Ever-changing as the ocean », est une interprétation du portrait de Escrava Anastacia : une esclave d’origine africaine devenue figure spirituelle au Brésil. Comme représenté dans son portrait, elle fut contrainte de porter un masque de fer punitif. Jeannette Ehlers prend la mémoire à contre-pied en utilisant un médium combustible : le charbon.

L’installation « Coil – The Sensuous Ways of Knowing » évoque quant à elle les violences racistes à travers les âges, du passé colonial aux récentes émeutes. Avec seize smartphones diffusant en continu des scènes de manifestations et d’incendies, Jeannette Ehlers nous confronte à la réalité brutale de l’histoire, nous invitant à réfléchir sur les défis actuels de la société.

Diplômée de l’Académie Royale danoise des Beaux-Arts, l’artiste aspire à élargir notre vision du monde, en mettant en lumière les multiples perspectives qui façonnent notre réalité. Les œuvres d’Ehlers traitent souvent des hantises et des perturbations décoloniales, et elle insiste sur la possibilité d’autonomisation et de guérison dans son art, honorant l’héritage de la résistance dans la diaspora africaine. Elle associe l’historique, le collectif et le rebelle au familial, au corporel et au poétique.

SOURCE : Arts in the City.