PARIS : Les causes freinant l’emploi des 50 et plus
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PARIS : Les causes freinant l’emploi des 50 et plus
La discrimination à l’embauche, l’usure professionnelle et le déficit de compétences sont des freins majeurs à l’emploi des 50 et plus.
La ministre du Travail et de l’Emploi Astrid Panosyan-Bouvet a annoncé une mobilisation majeure en faveur de l’emploi des salariés 50+.
En effet, en France, les préjugés ont la vie dure : seuls 35 % des 60-64 ans travaillent encore, contre 61 % en Allemagne. L’objectif est ainsi de lutter contre les stéréotypes liés à l’âge, revaloriser l’expérience et proposer des solutions concrètes pour favoriser le recrutement, la formation et le maintien en emploi des seniors.
Cette mobilisation se poursuivra durant le mois de mai avec une grande campagne de communication à destination des entreprises et du grand public, puis par des actions régionales coordonnées avec les partenaires sociaux et les acteurs de l’emploi.
Discrimination à l’embauche
De manière générale, la littérature scientifique ciblant spécifiquement l’âge comme critère de discrimination reste rare. Contrairement aux critères de sexe, d’origine apparente ou de religion supposée qui sont beaucoup plus répandus. Ce phénomène s’explique en partie par la difficulté méthodologique à isoler l’âge comme critère de discrimination. Malgré ces limites, plusieurs études ont tenté de mesurer les biais éventuels des employeurs vis-à-vis des profils seniors.
Stéréotypes liés à l’âge
Dans son rapport de mars 2016, le TEPP adopte un protocole expérimental pour évaluer les chances d’être convoqué pour un entretien pour un poste de vendeur. Ce métier, étant peu exposé aux évolutions technologiques, permet d’identifier plus clairement les stéréotypes liés à l’âge. Les données valident l’hypothèse d’une norme sociale défavorable aux plus de 50 ans dans le processus de recrutement.
Préjugés à l’encontre des travailleurs de plus de 50 ans
Dans son rapport 2024 consacré aux discriminations des 50 ans et plus dans l’emploi, le Défenseur des droits souligne la persistance de préjugés à l’encontre des travailleurs de plus de 50 ans sur le marché du travail. Une autre étude, menée en 2015 à l’échelle de l’Union européenne, va dans le même sens. Elle révèle que 75 % des managers français estiment qu’un candidat de plus de 55 ans est désavantagé lorsqu’il est en concurrence avec un profil plus jeune à compétences égales.
Usure professionnelle et manque de conditions de travail adaptées
Selon l’Insee, 21 % des 55-61 ans ne sont ni en emploi, ni à la retraite. Les questions de santé et de handicap sont au cœur de ce phénomène. En 2019, dans les pays de l’OCDE, 25 % des travailleurs de 50 ans à 64 ans ont quitté leur emploi volontairement à cause de leur santé. De manière générale, en plus d’une sortie prématurée du marché du travail, les problèmes de santé se traduisent par une baisse de productivité des salariés et des entreprises.
Déficit de compétences et difficultés d’accès aux formations
Le déficit de compétences constitue l’un des plus grands freins à l’attractivité des 50 ans et plus sur le marché de l’emploi. Pourtant, le recours à la formation professionnelle tend à diminuer avec l’âge. Selon l’Insee, l’accès à la formation tend à reculer à partir de 55 ans. Pour les personnes de 55-64 ans en emploi, le taux d’accès à la formation formelle et non formelle s’élève à 35 %, contre 57 % des 35-44 ans.
Source : Mobilisation majeure en faveur de l’emploi des salariés 50+.


