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PARIS : L’emploi salarié privé en hausse au premier trime…

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Gilles Carvoyeur
7 Mai 2024

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PARIS : L’emploi salarié privé en hausse au premier trimestre 2024

Dans l’Alerte Eco d’aujourd’hui, Asterès analyse la hausse de l’emploi salarié au premier trimestre.

Défiant les anticipations moroses(l’Insee tablait sur une hausse limitée à 0,1 %), l’emploi salarié privé a progressé de 0,2 % au premier trimestre 2024. Cette hausse est comparable à celle du PIB, ce qui implique que la productivité du travail a stagné et qu’elle reste donc à un niveau nettement inférieur à celui précédant la crise sanitaire.
 L’emploi salarié a poursuivi sa dynamique haussière entamée au lendemain de la crise sanitaire. Sur un trimestre il a progressé de 50 000 emplois, de 100 000 emplois sur un an et de plus de 1 millions d’emplois depuis fin 2019. L’emploi industriel poursuit sa hausse, mais la construction perd des emplois.
 Le total de l’emploi salarié privé a atteint un plus haut à 21,16 millions d’emplois au premier trimestre 2024. La conjoncture, légèrement meilleure qu’attendu au premier trimestre (0,2 % de croissance) explique que l’évolution de l’emploi ait été positive. Après une baisse de 12 600 emplois fin 2023, le marché du travail en France retrouve ainsi sa trajectoire positive engagée depuis maintenant trois ans.
 La construction a perdu 7 900 emplois au cours du trimestre écoulé, une évolution attendue du fait de la crise que traverse ce secteur. Les taux élevés de la BCE ont pour effet direct de freiner la construction, puisque ce secteur dépend fortement du niveau des taux pour financer les projets. L’industrie a pour sa part connu une progression de 6 400 emplois au premier trimestre 2024, une évolution encourageante en ce qui concerne la réindustrialisation du pays.
 La baisse de la productivité depuis la crise sanitaire reste une source d’inquiétude, même si elle s’explique également par des évolutions positives. Elle ne devrait cependant qu’être un phénomène transitoire.
 L’évolution des salaires réels tend, à long terme, à suivre l’évolution des gains de productivité. En effet, à temps de travail constant et à partage de la valeur ajoutée (entre travail et capital) stable, les salaires suivent mécaniquement la productivité : pour gagner plus, il faut produire plus. En effet, un salaire plus élevé (donc une consommation plus importante) n’est possible que si la production est elle aussi plus élevée, car un bien ou un service ne peut être consommé que s’il a été préalablement produit (ou simultanément dans le cas des services). C’est pourquoi la baisse
de la productivité observée depuis la crise sanitaire a soulevé des inquiétudes, car elle peut être annonciatrice d’une stagnation, voire d’une baisse des salaires.
 Cependant, la baisse de la productivité observée s’explique en partie par des évolutions favorables. Depuis 2021, la hausse de l’emploi a concerné des personnes moins qualifiées que la moyenne, notamment des apprentis. En effet, lorsque l’emploi augmente, cela signifie que des personnes qui étaient éloignées du marché du travail, qui sont en moyenne les personnes les moins diplômées et les moins productives, occupent désormais un emploi, ce qui fait diminuer la productivité moyenne. Ainsi, toute baisse notable du chômage se traduit, au moins dans un premier temps, par une baisse de la productivité moyenne par salarié.
 La productivité du travail devrait repartir à la hausse pour deux raisons. Premièrement, les spécificités liées à la reprise post-covid (hausse du nombre d’emplois et d’apprentis, perturbation des chaînes de valeur) sont un phénomène transitoire. Deuxièmement, des innovations technologiques comme l’intelligence artificielle peuvent faire espérer une hausse de la productivité du travail.

Sylvain BERSINGER, chef économiste.

Asterès est un cabinet d’études économiques et de conseil. Nous proposons aux entreprises et au secteur public des outils de réflexion pour orienter l’action. Notre mission est de mettre l’expertise économique au service du développement de nos clients. Ainsi, nous donnons à l’analyse économique son rôle opérationnel.