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PARIS : L’avertissement de la Commission européenne…

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PARIS : L’avertissement de la Commission européenne au Sénégal peut renforcer la lutte contre la pêche illégale

Hier, l’Union européenne a averti les autorités sénégalaises que le Sénégal risquait d’être inscrit sur la liste des pays tiers non coopérants dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

L’Union européenne a adressé un « carton jaune » au Sénégal, soulignant « les graves lacunes constatées ces dernières années dans le système mis en place par le pays pour se conformer à ses obligations internationales ». Cette décision est soutenue par l’Environmental Justice Foundation (EJF), qui encourage activement le suivi participatif au Sénégal depuis trois ans et qui a constaté de récentes réformes positives de la pêche dans le pays.

EJF met notamment l’accent sur la lutte contre l’empiètement des chalutiers industriels dans les zones réservées aux pêcheurs artisanaux, ainsi que sur l’utilisation suspecte du port de Dakar par des navires de pêche lointaine potentiellement impliqués dans des activités de pêche INN. L’organisation insiste également sur la nécessité de lever l’opacité qui entoure le secteur de la pêche au Sénégal, notamment en ce qui concerne les chalutiers sénégalais appartenant à des étrangers.

Steve Trent, PDG et fondateur de l’EJF, a déclaré : « Les récentes élections présidentielles de mars 2024 ont apporté une nouvelle dynamique politique au Sénégal. La nouvelle génération de dirigeants n’est pas à l’origine de la crise de la pêche au Sénégal, mais elle peut y mettre fin. Les engagements clairs pris pendant la campagne électorale, tels que la promotion de la transparence, la révision des navires autorisés à pêcher sous le pavillon sénégalais, l’évaluation des conditions d’accès aux eaux sénégalaises, la protection de la pêche artisanale et le renforcement des systèmes nationaux de gestion des pêches et de la lutte contre la pêche INN, constituent un bon début ».

« Depuis son élection, le nouveau gouvernement a réalisé des progrès significatifs, notamment la publication des listes de licences et la perspective de révision du Code des Pêches Maritimes. La décision de la Commission européenne est l’occasion de poursuivre sur cette lancée et de promouvoir la bonne gouvernance dans un secteur aussi vital pour la population et l’économie sénégalaise ».

EJF recommande vivement d’inscrire la Charte mondiale pour la transparence dans le secteur de la pêche dans le droit national et d’appliquer les principes de l’Initiative pour la transparence dans le secteur de la pêche. Ces mesures permettront d’atteindre les objectifs fixés par les nouveaux dirigeants politiques et d’offrir un océan sûr et durable. S’inscrivant dans la vision de Son Excellence le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, EJF exprime sa détermination et son engagement à travailler avec les autorités sénégalaises pour parvenir à une gestion durable et transparente des ressources halieutiques du pays.

A NOTER…

La Commission a émis cet avertissement en vertu du règlement (CE) n° 1005/2008, qui vise à « prévenir, décourager et éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée », et qui inclut le système dit « des cartes ». EJF travaille à l’international pour informer les politiques et conduire des réformes systémiques et durables afin de protéger notre environnement et défendre les droits de l’homme. Nous enquêtons sur les abus, les dénonçons et soutenons les défenseurs de l’environnement, les peuples autochtones, les communautés et les journalistes indépendants en première ligne face à l’injustice environnementale. Nos campagnes visent à garantir un avenir pacifique, équitable et durable. Les chercheurs, cinéastes et militants travaillent avec nos partenaires locaux et avec les défenseurs de l’environnement dans le monde entier. Notre action en faveur de la justice environnementale vise à protéger le climat, les océans, les forêts et la faune sauvage de la planète et à défendre les droits fondamentaux.