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PARIS : Laurent CHARDARD, à contre-courant

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PARIS : Laurent CHARDARD, à contre-courant

PORTRAIT 9/10. À l’approche des Jeux Paralympiques Paris 2024, qui se dérouleront du 28 août au 8 septembre, Vies de Famille vous propose de découvrir le portrait de 10 athlètes handisport inspirants.

Laurent Chardard est un champion. Un véritable champion de la résilience. Pour preuve : lorsqu’on le rencontre pour la première fois, il nous fait comprendre que son handicap n’en est pas un puisque, selon lui, cela n’a rien changé à sa pratique du sport. Étonnant lorsque l’on sait qu’il a été victime de l’attaque d’un requin qui a failli lui coûter la vie !

Interview

Avant d’être un champion de natation, vous êtes un passionné de sports de glisse (surf, skate, snowboard). Mais l’attaque de requin dont vous avez été victime en 2016, et qui vous a coûté l’amputation du bras et de la jambe droites, vous oblige à revoir votre mode de fonctionnement. Pourquoi optez-vous pour la natation ?

Laurent Chardard. Mon accident n’a rien changé à ma vie ! J’ai pu continuer à pratiquer les sports que j’aime. J’ai seulement dû faire de petites adaptations. La natation en est une car, pour pouvoir me remettre à niveau en surf, il a fallu que je m’entraîne à la nage. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que je pouvais performer en natation.

Seulement 3 ans après votre accident, non seulement vous découvrez le niveau international lors des Championnats du monde de Londres, mais en plus vous rapportez deux médailles. L’avez-vous vécu comme une consécration ?

L.C. Pour moi, le sport, c’est avant tout une passion, un moyen de s’évader de son quotidien. Je n’ai jamais eu de plan de carrière, simplement parce que je n’ai jamais imaginé que je deviendrai un jour sportif de haut niveau. Pour autant, j’ai toujours su que j’avais une mentalité de sportif. J’ai grandi à La Réunion et avec mon groupe d’amis surfeurs, on s’est toujours tiré vers le haut pour battre nos propres records. Ça aide !

Tout s’enchaîne vite, puisqu’aux Championnats d’Europe de Funchal en 2021, vous remportez trois médailles et participez, la même année, à vos premiers Jeux à Tokyo. Cette expérience des Jeux vous aide-t-elle à mieux vous préparer physiquement et mentalement pour l’échéance Paris 2024 ?

L.C. C’est sûr que ce que j’ai vécu à Tokyo va m’aider à me préparer pour Paris 2024. En 2021, j’allais au Japon pour découvrir un autre pays, une autre culture. Aujourd’hui, je vais à Paris pour gagner des médailles !

Ensuite, vous devenez deux fois champion du monde en 50 mètres papillon. Qu’est-ce que vos performances disent de vous ?
L.C. Avec mon gabarit de sprinteur, j’ai des facilités pour la nage papillon dans ma catégorie de handicap. La difficulté, c’est de garder la ligne des épaules à l’horizontale dans l’eau pour ne pas être disqualifié. Avec mes membres en moins, cela me demande un effort supplémentaire, mais j’arrive à compenser. Cela démontre mon tempérament déterminé et fonceur !

En parallèle, vous faites des études supérieures et devenez ingénieur. Une expertise qui vous permet notamment de « bricoler » vos propres prothèses afin de les adapter à vos sports favoris. Comment expliquez-vous votre capacité de résilience ?

L.C. Je pense que je suis un éternel optimiste ! Je suis curieux de tout, j’aime découvrir de nouvelles choses. Quand j’ai eu mon accident, il a fallu que je redouble d’imagination pour continuer à faire du sport. Je me suis alors rapproché de spécialistes de la prothèse afin qu’ils me donnent de l’inspiration pour imaginer les miennes !

Quels sont vos prochains défis sportifs ? Comment vous y préparez-vous ?

L.C. En vue des Jeux Paralympiques, je prévois de participer aux championnats d’Europe en avril prochain. Cela va me permettre de voir jusqu’où je peux aller et d’adapter mon entraînement en fonction de mes chronos !

Comment vous voyez-vous dans 5 ou 10 ans ? Quels sont vos projets ?
L.C. Dans 5 ans, je me vois participer aux Jeux paralympiques dans la catégorie Surf, qui entrera pour la première fois de l’histoire dans la compétition !

SOURCE : La Newsletter de votre Caf n°119 – Juin 2024.