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PARIS : La transparence salariale, une révolution culturell…

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PARIS : La transparence salariale, une révolution culturelle attendue d’ici juin 2026, selon une étude d’Indeed et PageGroup

Transparence salariale, une évolution majeure du marché du travail d’ici 2026.

D’ici juin 2026, les entreprises de l’Union européenne devront se conformer à la directive 2023/970, imposant une transparence salariale accrue. Cette mesure vise à réduire les inégalités en rendant publics les salaires médians pour chaque type de poste. À un an de cette échéance, une étude conjointe menée par Indeed, PageGroup et OpinionWay révèle les perceptions et attentes des salariés et recruteurs français sur ce sujet.

Les résultats montrent que 44 % des salariés soupçonnent être payés différemment de la moyenne pour des postes similaires, et 6 sur 10 craignent de découvrir qu’ils sont moins bien rémunérés que leurs collègues. Si la transparence salariale est perçue comme un atout par 89 % des recruteurs, elle reste un sujet sensible, notamment pour les jeunes et les personnes à faibles revenus.

Un tabou persistant autour de la rémunération

Parler de salaire reste un sujet délicat. Seuls 69 % des salariés abordent ce sujet en toute transparence avec leur conjoint, et 38 % le font avec leur manager. Les craintes liées à la rémunération sont nombreuses : 59 % des salariés redoutent de découvrir qu’ils sont moins bien payés que leurs collègues, et 38 % des moins de 35 ans regrettent d’avoir évoqué leur salaire avec leurs collègues. Les jeunes semblent plus ouverts sur ce sujet, mais cette transparence peut créer des tensions : 50 % des salariés estiment que les jeunes en parlent trop, y compris 45 % des moins de 35 ans. Cette génération est également plus encline à demander des informations salariales en rejoignant une nouvelle entreprise, bien que 65 % craignent de se sentir lésés.

La transparence salariale, un levier contre les inégalités

L’étude souligne que 1 salarié sur 6 ignore où il se situe par rapport à la moyenne des salaires dans son entreprise, un flou particulièrement marqué chez les femmes et les personnes à faibles revenus. La directive européenne devrait apporter plus de clarté et d’égalité, réduisant les perceptions subjectives et les injustices ressenties. Ces inégalités, réelles ou perçues, ont un impact fort : 54 % des salariés ont déjà envisagé de démissionner en raison d’un salaire inférieur à celui de leurs collègues à poste équivalent. Ce chiffre atteint 59 % chez les moins de 35 ans. Les catégories socio-professionnelles populaires sont particulièrement touchées, bien que les « CSP+ » soient plus enclins à passer à l’acte.

Un changement culturel attendu par les salariés et les recruteurs

Pour 69 % des salariés, la transparence salariale devrait libérer la parole et faciliter les discussions sur ce sujet. Les recruteurs, eux, y voient un atout majeur dès le début du processus de recrutement. Cependant, 29 % d’entre eux craignent les réactions des salariés face aux salaires médians révélés.

« La transparence salariale est un instrument clé de lutte contre les inégalités au travail », analyse Eric Gras, expert du marché de l’emploi chez Indeed.

Stéphanie Lecerf, Managing Director chez PageGroup, ajoute : « C’est un véritable levier de transformation culturelle au sein des entreprises, nécessitant une préparation approfondie et une communication adaptée »;

Des habitudes de recrutement à réinventer

Aujourd’hui, 29 % des recruteurs ne mentionnent que rarement ou jamais le salaire dans les offres d’emploi, souvent pour garder une marge de manœuvre ou par crainte de dissuader des candidats. Pourtant, 89 % estiment que la transparence salariale dès le début du processus est un atout. Les recruteurs devront également revoir leur approche, notamment en cessant de demander systématiquement la rémunération actuelle des candidats. D’autres avantages, comme les primes ou le télétravail, restent des arguments de poids dans le recrutement.

Méthodologie de l’étude

Réalisée par OpinionWay en janvier 2025, cette étude a interrogé 527 recruteurs et 526 salariés en recherche d’emploi, selon la méthode des quotas. Les échantillons ont été constitués en fonction du sexe, de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle, du secteur d’activité et de la taille de l’entreprise.

À propos d’Indeed et PageGroup

Indeed est le premier site d’emploi au monde, utilisé par plus de 580 millions de chercheurs d’emploi et 3,5 millions d’employeurs. PageGroup, présent dans 36 pays, accompagne les entreprises et professionnels sur l’ensemble de leurs problématiques de recrutement.