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PARIS : La Terre, notre mère. Les Morts, notre héritage

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PARIS : La Terre, notre mère. Les Morts, notre héritage

Plaidoyer pour un réenracinement anthropologique. Par Michaël De Carvalho, auditeur de la Promotion Léonard de Vinci de l’Institut Iliade.

Dans sa célèbre conférence de 1899, La Terre et les Morts, et tout au long de son œuvre, Maurice Barrès aura eu à cœur de défendre et promouvoir la patrie française à travers sa terre et ses morts. Morts qui doivent être honorés, conservés dans nos mémoires, car ils sont – selon sa propre expression – « l’honneur et la sauvegarde de l’âme sur cette terre ».

Introduction

« La Terre nous parle. C’est en elle que s’enracine la conscience collective : les ancêtres ne nous transmettent intégralement l’héritage accumulé de leurs âmes que par la permanence de l’action terrienne. »
Maurice Barrès, La Terre et les Morts, 1899

La question de la mère fait ici référence à la Guerre notre mère, ouvrage d’Ernst Jünger de 1922 traduit en France par La Guerre comme expérience intérieure. Finalement les deux titres correspondent à ce qui se passe quand on prend conscience de ce que nous sommes et de l’importance de la Terre, à savoir cette appartenance charnelle à notre patrie, nos racines, à cette terre mère sur laquelle nous sommes nés, cette Terre qui ne ment pas, cette terre pétrie d’histoire et qui, comme la tradition, est ce qui ne passe pas et nous dévoile cet héritage transmis par le culte des ancêtres.

La Terre, c’est à la fois le culte de la permanence de l’action terrienne, si chère à Maurice Barrès, mais c’est aussi, comme le dit très justement Sylvain Tesson décrivant la Grèce comme notre mère, à la fois une rencontre maternelle et une expérience intérieure. Cette Terre qui nous définit, cette Terre qui ne ment pas et qui nous dit au plus profond de nos êtres ce que nous sommes, Français et Européen ou Européen de langue française pour reprendre les mots de Dominique Venner. La Terre est fondamentalement ce vecteur d’identité auquel nous devons notre existence et notre appartenance :

« Notre patrie n’est pas née d’un contrat entre ses enfants, elle n’est pas le fruit d’un pacte consenti entre leurs volontés : voilà ce que l’esprit du XIXe siècle finissant admettait déjà. Mais voilà aussi ce qui faisait que les logiques tenants de l’individualisme révolutionnaire refusaient alors de servir, de saluer, même d’admettre l’idée de patrie. (…) La patrie est une société naturelle, ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif est la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie, la terre de ses pères, que l’on ne choisit son père et sa mère. (…) C’est avant tout un phénomène d’hérédité. »
Charles Maurras, Mes idées politiques, 1937

À une époque où l’unité, la grandeur et le folklore concomitant de l’héritage fondateur sont pris d’assauts venant de tant de directions diverses, où l’homme moderne, en perte de repères, noyé dans une masse indifférenciée d’individus n’étant plus que des atomes substituables les uns aux autres et où ne subsiste aucune espèce de permanence, il incombe à l’homme de se réenraciner, de se réapproprier son histoire et partant, sa Terre et ses Morts. Car l’enracinement est un besoin vital de l’âme et concerne autant le corps que l’esprit, deux aspects aujourd’hui indûment séparés par le seul angélisme moderne rappelle à juste titre Rémi Soulié tout comme l’helléniste Simone Weil : LIRE LA SUITE

SOURCE : L’actualité de l’Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne.