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PARIS : « La tempête », par Art et Sport

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Floriane Dumont
6 Mai 2024

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PARIS : « La tempête », par Art et Sport

Si le sport est considéré comme une activité éminemment populaire, l’art contemporain est parfois trop souvent perçu comme élitiste.

Cette opposition est cependant superficielle, car l’art et le sport partagent un même ressort qui est celui de la passion. L’un et l’autre sont tous deux des intensificateurs d’émotion. Ils sont marqués par une même diversité de pratiques et offrent de multiples formes d’expression.

Par conséquent, Art et Sport est une manifestation qui vise à la rencontre entre ces deux mondes en proposant une exposition plurielle sur l’ensemble du territoire français. Il s’agit d’investir dans chaque région de France et en outre-mer une infrastructure ou un événement sportif pour aller à la rencontre d’un public souvent éloigné des musées et des centres d’art. En s’appuyant sur les collections des 22 Fonds Régionaux d’Art Contemporain de France – qui fêtent cette année leurs 40 ans d’existence -, Art et Sport souhaite participer à la démocratisation de la création actuelle en offrant des expériences esthétiques variées dans un contexte inhabituel.

Stade de football, piscine, boulodrome, skate-park, etc. sont autant de lieux qui deviendront, le temps d’une exposition, un nouveau terrain de jeu.

Thème classique qui a donné lieu à de nombreux exemples épiques aussi bien dans la peinture que dans la littérature, la tempête a traversé les siècles pour être le symbole de la puissance incommensurable de la nature. Elle représente l’imprévisibilité, la colère ou la force déchaînée qui rappelle toujours à l’homme sa vulnérabilité face aux éléments naturels. On se souvient de l’exemple canonique de Moby Dick (1851) d’Herman Melville où le cachalot blanc incarne dans sa chair monstrueuse cette violence brute que l’on retrouve dans tant de récits héroïques, à l’instar de L’Odyssée d’Homère, où Ulysse doit faire face à une tempête dévastatrice provoquée par Poséidon, qui cherche à l’empêcher de rentrer chez lui après la guerre de Troie.

Dans le tableau Le Radeau de la Méduse (1818-1819) de Théodore Géricault, les survivants d’un naufrage luttent pour leur survie sur une frêle embarcation à la dérive après une tornade qui a défait leur navire. C’est que ce déchainement des éléments présente un haut potentiel métaphorique : il peut transcrire les tourments intérieurs de personnages, comme pour La Tempête (1610-1611) de Shakespeare qui trace un lien entre la tourmente atmosphérique déclenchée par Prospero et l’intensité de ses émotions nourries par une soif de vengeance envers ses ennemis. Le vent, la pluie, la grêle, l’orage, sont souvent l’expression d’une agitation intérieure qui peut également s’objectiver et devenir le symbole du destin ou d’un changement inévitable.

Dans Le Vieil Homme et la Mer (1952) d’Ernest Hemingway, la tempête qui frappe Santiago est alors la marque de la fatalité, mettant à l’épreuve sa persévérance et son courage. Ainsi, la fureur qui s’accomplit dans le ciel et sur la terre désigne ce qui dépasse l’être humain et le ramène à sa fragilité ontologique.

Marseille

Vieux Port

La tempête

Et dans la tempête et le bruit, la clarté reparaît grandie…

Du 20 au 30 septembre

SOURCE : Art et Sport, 13 expositions dans 13 villes de France produites par GrandPalais RMN