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PARIS : La tempête Monica intensifiée par le changement c…

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Floriane Dumont
14 Mar 2024

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PARIS : La tempête Monica intensifiée par le changement climatique

Des climatologues de l’IPSL ont publié sur Climametter une étude d’attribution qui établit un lien entre les changements climatiques d’origine humaine et la tempête Monica qui a frappé la France, l’Espagne et l’Italie le 9 mars 2024, entraînant des cumuls de pluie significatifs.

Météo-France a rapporté des précipitations variant entre 100 et 150 mm en 24 heures, avec des mesures atteignant jusqu’à 224 mm en Ardèche et 330 mm sur 48 heures à La Souche. Les conditions anormalement chaudes en février 2024 en Méditerranée attribuables au changement climatique, ont fourni le carburant à la tempête Monica. Les conclusions de l’étude Climametter sont les suivantes :

·         Les tempêtes similaires à Monica sont de 3 hPa à 5 hPa plus intenses sur l’Italie, de 5 à 10 km/h plus venteuses sur l’Atlantique occidental et la Méditerranée occidentale, et de 6 à 13 mm/jour plus humides sur le nord de l’Italie dans le présent que dans le passé.

·         Cette tempête est inhabituelle.

·         Le changement climatique d’origine humaine combiné à la variabilité climatique naturelle ont tous deux joué un rôle dans le modèle de pression et l’augmentation associée des précipitations/vents liés à la tempête Monica.

Un épisode cévenole trop fort pour la saison

En France, l’événement peut être classé comme un Épisode Cévenol, nommé d’après la chaîne de montagnes des Cévennes située dans le sud de la France.

Une étude de Climameter (voir méthodologie dans le rapport pour plus de détails) analyse comment des événements similaires au système de pression ayant conduit à la tempête Monica sont différents à présent (2001-2023) par rapport à ce qu’ils auraient été s’ils s’étaient produits dans le passé (1979-2001) dans la région [22°O 18°E 30°N 55°N].

A titre d’exemple, les changements de vitesse du vent indiquent des conditions venteuses jusqu’à 5 à 10 km/h plus rapides sur les côtes atlantiques de l’ouest de la France et en Méditerranée occidentale par rapport au passé. Des événements similaires se produisaient auparavant principalement en mars et avril, tandis que dans le climat actuel, ils se produisent principalement en février et mars.

Des températures anormalement hautes en Méditerranée

Des conditions anormalement chaudes persistantes en Méditerranée ont contribué à faire de février 2024 le mois de février le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale (selon les données de Copernicus ECMWF), ont fourni le carburant pour la tempête Monica.

« Malgré la quantité de précipitations enregistrée ou les rafales de vent mesurées qui ne sont pas exceptionnelles, la tempête Monica s’est révélée très dévastatrice en France et en Italie. Traditionnellement anticipées pendant l’automne ou le début de l’hiver, de telles tempêtes se manifestent désormais de plus en plus vers la fin de l’hiver, profitant des niveaux d’eau souterraine saturés pour amplifier leur impact. Ce changement de saison, associé au vent et aux précipitations plus forts dus au changement climatique, exacerbé par le réchauffement de l’Atlantique et de la Méditerranée, accroît la gravité de ces événements, posant d’importants défis d’adaptation. » Davide Faranda, IPSL-CNRS, France.

L’importance d’adapter les mesures préventives aux événements extrêmes

La tempête Monica est une fois de plus un exemple de la manière dont la variabilité naturelle et le changement climatique peuvent se combiner pour créer des événements extrêmes exceptionnels. Ces évènements doivent être analysés et faire l’objet d’études d’attribution comme celle réalisée par Climametter.  Cela montre aussi l’importance une fois de plus d’adapter les mesures préventives existantes, les systèmes d’alerte et la communication des risques aux changements observés et prévus dans les événements extrêmes. Il faut enfin rappeler que ce type d’évènements est amené à encore se multiplier et s’intensifier sous l’effet du changement climatique » , Sylvain Trottier, Directeur de Conséquences.