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PARIS : Killian VERMERSCH : « Une IA doit pouvoir expliquer chacune de ses décisions »

Face à l’AI Act, Killian Vermersch détaille dix questions indispensables pour sécuriser le déploiement de l’intelligence artificielle en entreprise.

Alors que le règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) entre progressivement en vigueur, le paysage technologique des grandes entreprises se transforme. Pour les secteurs régulés, comme la banque et l’assurance, l’heure n’est plus à l’expérimentation hasardeuse mais à l’industrialisation maîtrisée. Killian Vermersch, CEO de Miralia (https://miralia.ai), livre une analyse précise des critères que tout dirigeant doit désormais évaluer avant de s’engager avec un prestataire technologique.

L’exigence de l’explicabilité et de l’audit.

Premier constat posé par l’expert : dans un environnement professionnel critique, le résultat ne suffit pas ; il faut comprendre le cheminement qui y a mené. « Une IA doit pouvoir expliquer chacune de ses décisions. Cette traçabilité est la condition sine qua non de la confiance et de la conformité réglementaire », affirme Killian Vermersch.

Il établit une distinction nette entre les différents niveaux de transparence. Si une IA « explicable » peut tenter de justifier un résultat, seule une solution « auditable » permet réellement d’ouvrir le capot pour vérifier la concordance entre la justification et le traitement technique réel. Cette rigueur rejoint la nécessité de fiabilité : pour des processus critiques, le déterminisme doit primer sur la créativité, afin d’éviter tout risque d’erreur aléatoire.

Souveraineté et conformité réglementaire.

La question de la localisation des données reste centrale. La souveraineté technologique n’est pas un vain mot face aux législations extraterritoriales comme le Cloud Act américain, qui permet aux autorités des États-Unis d’accéder aux données hébergées par des acteurs américains, même situées en Europe.

De plus, l’anticipation réglementaire est devenue une obligation. À l’horizon 2026, les solutions doivent intégrer nativement les exigences de gouvernance du nouveau cadre européen, notamment pour les cas d’usage classés à haut risque selon l’article 6 de l’AI Act (https://artificialintelligenceact.eu/article/6/). Même pour des projets moins sensibles, le respect du RGPD reste un impératif absolu.

Une technologie frugale et performante.

L’efficacité opérationnelle ne doit plus se faire au détriment de l’impact environnemental. Killian Vermersch plaide pour une « IA frugale », optimisée pour limiter la consommation de ressources, en phase avec les objectifs RSE des grands groupes. Cette frugalité, qui réduit le nombre de serveurs nécessaires, améliore mécaniquement le retour sur investissement (ROI).

Pour y parvenir, l’expert met en avant les approches hybrides, comme l’IA neuro-symbolique. Cette méthode combine des systèmes à base de règles (IA symbolique) pour les demandes connues, et ne sollicite l’IA générative, très énergivore en raison de ses besoins en processeurs graphiques (GPU), que lorsque le contexte l’exige. « Si la demande correspond à un contexte connu, elle peut être traitée par une IA Symbolique », précise l’analyse, réservant la puissance de calcul lourde aux cas complexes.

L’adoption humaine et l’indépendance stratégique.

Au-delà de la technique, la réussite d’un projet d’IA repose sur son appropriation par les équipes métier. L’outil doit être conçu comme un soutien et non comme un remplaçant, avec une configuration transparente qui laisse la main aux utilisateurs. « L’IA doit être transparente et « blanche », permettant aux utilisateurs de comprendre et d’ajuster les décisions sans dépendance technique excessive », souligne le dirigeant.

Enfin, la question de la propriété intellectuelle est soulevée : privilégier un partenaire disposant de sa propre technologie est un gage de pérennité et d’indépendance. Cela évite les délais d’implémentation interminables et garantit une capacité d’évolution du produit. Miralia, startup française fondée en 2016 et spécialisée dans le traitement intelligent des messages, s’appuie justement sur cette philosophie pour accompagner des acteurs de la défense et du retail, affichant une croissance significative ces derniers mois.