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PARIS : José CASTANO : « Assez de repentance ! La France a…

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PARIS : José CASTANO : « Assez de repentance ! La France a encore le droit de s’aimer »

Suite à une loi mémorielle algérienne, l’essayiste José Castano dénonce une culture de la repentance qui affaiblit la France et son identité.

Dans une tribune virulente, l’essayiste José Castano analyse ce qu’il perçoit comme une lente érosion de l’âme nationale française, catalysée par une loi mémorielle adoptée par l’Algérie et le silence des autorités françaises. S’appuyant sur une citation d’Alexis Curvers – « Les empires ne périssent pas sous les coups de leurs ennemis mais par leur propre épuisement et par la démission des forces qui les soutiennent » – il dresse le portrait d’un pays en proie à une profonde crise identitaire.

Une loi algérienne comme détonateur

Le point de départ de sa réflexion est la loi adoptée le 24 décembre 2025 par le Parlement algérien, qui criminalise le colonialisme français. Ce texte, qui impute à la France l’entière responsabilité juridique « des crimes commis en 132 ans d’occupation », exige excuses officielles et indemnisation.

En réaction, l’auteur relaie l’interrogation de Victoire Riquetti, qui se demande s’il ne faudrait pas également demander réparation à Alger « pour les milliers de Français qui y furent réduits en esclavage », renvoyant vers une analyse détaillée sur le sujet (https://bvoltaire.us6.list-manage.com/track/click?u=51e3861403b406b07f6c5091a&id=42f5d15d7f&e=95aa31ac97).

Face à cette initiative, José Castano fustige la réponse de la France, qualifiée de timorée, se bornant à un « dialogue exigeant et constructif ». Il critique surtout le silence du président Emmanuel Macron, qu’il interprète non comme une posture diplomatique, mais comme une « approbation » tacite des accusations algériennes.

Une nation sommée de se haïr

Pour l’essayiste, cet épisode révèle une « faille intérieure » bien plus grave qu’une simple crise économique ou sociale. Il décrit une France qui « ne se reconnaît plus », qui « ausculte son histoire non pour s’y reconnaître, mais pour s’y condamner ».

Selon lui, le pays ploie sous le poids d’une « mémoire mutilée » qui ne distingue plus « la grandeur de la déroute, l’héroïsme de l’erreur ». Il dénonce ce qu’il nomme une « lente corrosion du regard qu’elle porte sur elle-même : une nation sommée de se haïr pour avoir existé, invitée à s’excuser d’être ce qu’elle est ».

Cette autoflagellation, entretenue par de « nouveaux moralistes », aurait conduit à la dissolution du récit national.

L’auteur s’inquiète particulièrement de l’enseignement de l’Histoire dans les écoles, qui serait réduit à « une litanie de fautes et de hontes », produisant des enfants qui ne peuvent plus aimer un pays perçu comme « coupable, presque illégitime ».

Il cite Henri de Montherlant en guise d’avertissement : « Qui a ouvert l’égout périra par l’égout ».

La responsabilité politique pointée du doigt

José Castano ne considère pas cette situation comme un accident mais comme le résultat d’une ligne politique incarnée par le chef de l’État. Il accuse Emmanuel Macron d’avoir « préparé, nourri, légitimé » l’attitude algérienne, notamment en qualifiant par le passé la colonisation de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie ».

Il inscrit cette posture dans la continuité de celle de son prédécesseur, François Hollande, qui avait reconnu « les souffrances que le système colonial a infligé au peuple algérien » tout en passant sous silence, selon l’auteur, les victimes du terrorisme, qu’elles soient européennes ou musulmanes fidèles à la France. Cette « mémoire à sens unique » ne ferait qu’exacerber les tensions en sapant « l’idée même de nation ».

La braise sous la cendre, un espoir pour l’avenir

Malgré ce constat sombre, l’essayiste refuse de céder au défaitisme. Il évoque une « braise » qui subsiste « sous la cendre froide de la repentance obligatoire ». Cet espoir résiderait dans une jeunesse capable d’aborder l’histoire avec lucidité, « sans la haïr », et de refuser de considérer l’amour de la France comme « une faute morale ».

Projetant son regard vers l’horizon 2027, il identifie trois figures émergentes, « Jordan. Sarah. Marion. », qu’il présente non comme des slogans mais comme des « signes » d’un possible renouveau. Ces prénoms symboliseraient, à ses yeux, une promesse, celle d’une France qui oserait enfin relever la tête pour « cesser de s’agenouiller » devant son passé et offrir à ses enfants une histoire « digne d’être aimée ».

Sa tribune se conclut comme un appel : « Assez de repentance ! La France a encore le droit de s’aimer ».