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PARIS : Jonathan DENIS (ADMD) : La loi sur les soins pallia…

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PARIS : Jonathan DENIS (ADMD) : La loi sur les soins palliatifs risque d’instaurer « une injonction palliative »

L’ADMD salue l’adoption de la loi sur les soins palliatifs mais dénonce la dissociation avec l’aide à mourir, qui empêche un vrai choix.

Le Parlement a définitivement adopté ce lundi 11 mai 2026 la proposition de loi visant à garantir un égal accès aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire. Le texte, validé par un vote massif de 325 voix pour et seulement 18 contre, consacre une avancée notable que l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) affirme avoir toujours soutenue. L’association, qui avait encouragé les sénateurs à un vote conforme en seconde lecture après l’adoption par les députés en février dernier, exprime toutefois de vives inquiétudes quant à la portée réelle de cette législation.

Une avancée en demi-teinte

Si le principe d’un accès universel aux soins palliatifs est unanimement salué, l’ADMD regrette profondément la méthode législative choisie. L’association dénonce la division du projet initial en deux textes distincts, une séparation qui avait été voulue par François Bayrou, alors Premier ministre. Cette scission, qui isole la question des soins palliatifs de celle, plus controversée, de l’aide active à mourir, fait aujourd’hui peser un doute majeur sur la capacité des patients à exercer un véritable choix éclairé en fin de vie. Pour l’ADMD, cette dissociation compromet l’équilibre du projet global et risque de créer une législation incomplète, ne répondant que partiellement aux aspirations des citoyens.

Le risque d’une « injonction palliative »

Le président de l’ADMD, Jonathan Denis, voit dans cette manœuvre une stratégie délibérée de la part de certains opposants à une évolution plus large de la loi. Il craint que cette première étape ne serve de prétexte pour enterrer définitivement le second volet. « En l’absence du second volet de la loi sur la fin de vie – c’est-à-dire l’accès encadré à une aide à mourir pour les personnes en fin de vie –, il s’agit d’instaurer de fait une forme d’injonction palliative, privant les patients de toute autre option », analyse Jonathan Denis. Selon lui, en ne présentant les soins palliatifs que comme unique horizon, la nouvelle loi, bien qu’essentielle, pourrait paradoxalement devenir un obstacle à la liberté de choix, en fermant la porte à l’alternative de l’aide à mourir pour les personnes qui le souhaiteraient.

Un appel à la poursuite du débat législatif

Face à ce constat, l’ADMD réaffirme sa position : le respect plein et entier de la volonté des personnes malades ne peut être garanti sans offrir, à côté d’un système de soins palliatifs renforcé, un accès strictement encadré à une aide à mourir. L’association appelle donc solennellement les pouvoirs publics à ne pas considérer ce vote comme un aboutissement mais comme une première étape. Elle les exhorte à poursuivre sans délai le processus législatif sur le second volet, afin de doter la France d’une législation complète qui garantisse pleinement le droit fondamental des patients à décider de leur propre fin de vie.

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), association loi 1901 fondée en 1980, continue de militer pour ces principes et met à disposition des informations complémentaires sur son site internet (https://www.admd.org). Elle se conforme au Règlement général sur la protection des données (RGPD) et sa politique de confidentialité est consultable en ligne.