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PARIS : Jérôme FOUCAULT : « Les surcoûts doivent être réper…

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PARIS : Jérôme FOUCAULT : « Les surcoûts doivent être répercutés pour préserver notre souveraineté alimentaire »

Pact’Alim alerte sur la flambée des coûts due au conflit au Moyen-Orient et exhorte la grande distribution à renégocier les contrats.

À l’occasion d’une réunion de la filière alimentaire tenue ce lundi 11 mai sous l’égide du gouvernement, Pact’Alim, qui représente plus de 3 000 PME et ETI du secteur, a lancé un appel pressant pour une répercussion rapide des hausses de coûts engendrées par le conflit au Moyen-Orient. L’organisation souligne que cette crise, survenue juste après la clôture des négociations commerciales annuelles pour 2026, met en péril la stabilité de tout un pan de l’économie française.

Une flambée des coûts généralisée et immédiate

Les entreprises alimentaires font face à une augmentation brutale et généralisée de leurs charges, aggravée par des perturbations logistiques majeures, notamment sur les routes maritimes et au détroit d’Ormuz. Un sondage mené par Pact’Alim début mai auprès de ses adhérents dresse un tableau alarmant de la situation.

Près de 92 % des entreprises interrogées déclarent subir déjà des hausses de coûts significatives. Le secteur du transport est le plus touché, avec 84 % des répondants impactés. La hausse moyenne atteint 11 % pour le transport routier et grimpe à 13 % pour le transport maritime. Les coûts énergétiques ne sont pas en reste, avec une augmentation moyenne de 22 % pour le gaz et de 11 % pour l’électricité. Enfin, le prix du plastique, matériau essentiel pour de nombreux emballages, a bondi de 19 %.

Des mécanismes de renégociation contractuels inopérants

Face à ce choc économique, les PME et ETI se retrouvent démunies. Les contrats commerciaux, y compris ceux concernant les marques de distributeur (MDD), sont déconnectés de la nouvelle réalité économique. Les mécanismes prévus pour ajuster les tarifs en cas de circonstances exceptionnelles se révèlent largement inefficaces.

Selon l’enquête de Pact’Alim, pour 9 entreprises sur 10, les conditions nécessaires au déclenchement des clauses de renégociation ne sont pas réunies. La principale raison, citée dans 56 % des cas, est la longueur des périodes d’appréciation des seuils de déclenchement, en total décalage avec l’immédiateté des hausses de coûts. Ces clauses, conçues pour absorber les chocs, sont ainsi vidées de leur substance, piégeant les fournisseurs dans des accords devenus insoutenables.

Un quasi-monologue face à la grande distribution

La situation est d’autant plus critique que les tentatives de dialogue avec la grande distribution restent lettre morte. Les demandes de revalorisation tarifaire adressées par les industriels se heurtent à un mur de silence ou de refus. Dans 83 % des cas, les entreprises n’ont reçu aucune réponse ou un simple accusé de réception. Lorsqu’une réponse est formulée, il s’agit d’un refus catégorique de toute négociation pour 14 % d’entre elles. Seules 3 % des entreprises ont obtenu un accord de principe pour entamer une renégociation.

« Pour les entreprises qui le demandent, il faut que ces surcoûts puissent être loyalement et effectivement répercutés au plus vite s’agissant des PME et ETI transformateurs des filières françaises. Les enjeux sont très clairs : il s’agit de préserver notre capacité de production, la pérennité de nos PME et ETI alimentaires, les débouchés des filières agricoles et de la pêche, et au final notre souveraineté alimentaire », a insisté Jérôme Foucault, président de Pact’Alim.

L’organisation appelle donc à une prise de conscience collective et à une réponse responsable de tous les acteurs, insistant sur le rôle crucial que doit jouer la grande distribution pour assurer la continuité de la production et la stabilité des filières.

Pact’Alim, porte-voix des PME alimentaires

Pact’Alim représente les PME et ETI françaises de l’alimentation. Ces 3 000 entreprises génèrent 53 % du chiffre d’affaires du secteur (132 milliards d’euros) et emploient 292 000 salariés (61 % des effectifs). Acteurs essentiels de l’alimentation quotidienne des Français et premier débouché de l’agriculture, elles jouent un rôle majeur dans la souveraineté alimentaire du pays. Pour plus d’informations : https://www.pactalim.fr