Passer au contenu principal

PARIS : Jérôme FOUCAULT : « Il faut que ces surcoûts puisse…

Partager :

PARIS : Jérôme FOUCAULT : « Il faut que ces surcoûts puissent être loyalement et effectivement répercutés »

Pact’Alim alerte sur l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les PME alimentaires et exige une répercussion rapide des hausses de coûts.

À l’occasion d’une réunion de la filière alimentaire organisée ce lundi 18 mai sous l’égide du gouvernement, l’organisation Pact’Alim a tiré la sonnette d’alarme. Représentant plus de 3 000 petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI) du secteur, elle appelle à une prise en compte immédiate et concrète des surcoûts engendrés par le conflit au Moyen-Orient, une crise survenue juste après la clôture des négociations commerciales annuelles pour 2026.

Une flambée des coûts post-négociations

La situation est critique pour les entreprises agroalimentaires françaises, qui subissent de plein fouet une hausse brutale de leurs charges et des perturbations sur leurs chaînes d’approvisionnement, notamment en raison des tensions maritimes dans le détroit d’Ormuz. N’ayant pu intégrer cette nouvelle donne économique dans les contrats signés en début d’année, elles se retrouvent dans une position intenable.

Un sondage mené par Pact’Alim début mai auprès de ses adhérents dresse un tableau inquiétant. Près de 92 % des entreprises interrogées déclarent déjà faire face à des augmentations de coûts. Le poste du transport est le plus touché, avec 84 % des répondants impactés par une hausse moyenne de 11 % pour le transport routier et de 13 % pour le maritime. Les coûts énergétiques ne sont pas en reste, avec des augmentations moyennes de 22 % pour le gaz et 11 % pour l’électricité. Enfin, le prix du plastique, essentiel pour de nombreux emballages, a bondi de 19 %.

Des mécanismes de renégociation inopérants

Face à ce choc économique, les mécanismes contractuels censés protéger les entreprises se révèlent largement inefficaces. Les clauses de renégociation, lorsqu’elles existent, sont décrites comme « trop souvent dévoyées ». Conçues pour réagir à des circonstances exceptionnelles, elles s’avèrent en pratique trop lentes à activer ou basées sur des indicateurs inadaptés à l’urgence de la situation.

Les chiffres de l’enquête de Pact’Alim le confirment : pour neuf entreprises sur dix, les conditions de déclenchement de ces clauses ne sont pas réunies. La principale raison, citée dans 56 % des cas, réside dans des périodes d’appréciation des seuils de déclenchement beaucoup trop longues, alors que les hausses de coûts sont, elles, immédiates.

En conséquence, les demandes de revalorisation tarifaire adressées par les PME et ETI à leurs clients, notamment la grande distribution, restent lettre morte. Dans 83 % des cas, les entreprises n’ont reçu aucune réponse ou un simple accusé de réception. Un refus pur et simple a été opposé à 14 % d’entre elles, tandis que seules 3 % ont obtenu un accord de principe pour entamer des renégociations.

Un appel à la responsabilité pour préserver la souveraineté alimentaire

Face à ce blocage, le président de Pact’Alim appelle l’ensemble des acteurs de la chaîne à la responsabilité. « Pour les entreprises qui le demandent, il faut que ces surcoûts puissent être loyalement et effectivement répercutés au plus vite s’agissant des PME et ETI transformateurs des filières françaises. Les enjeux sont très clairs : il s’agit de préserver notre capacité de production, la pérennité de nos PME et ETI alimentaires, les débouchés des filières agricoles et de la pêche, et au final notre souveraineté alimentaire », insiste Jérôme Foucault.

L’organisation vise particulièrement la grande distribution, l’exhortant à « prendre pleinement sa part dans la prise en compte de cette nouvelle donne économique ». Pact’Alim prévient qu’elle sera particulièrement attentive aux suites données à ses demandes, jugeant que la stabilité des filières et la continuité de la production en France en dépendent directement.

Pact’Alim (www.pactalim.fr), qui porte la voix des PME et ETI françaises de l’alimentation, rappelle que ces entreprises constituent 53 % du chiffre d’affaires (132 milliards d’euros) et 61 % de l’emploi (292 000 salariés) de l’industrie alimentaire nationale. Elles sont le premier débouché de l’agriculture et de la pêche françaises.