PARIS : Jean-Thomas SCHMITT : « Baisser la TICPE pour sonne…
Partager :

PARIS : Jean-Thomas SCHMITT : « Baisser la TICPE pour sonner la fin du déclin du pavillon français »
Face à la flambée des carburants, l’Union TLF exige du Gouvernement une baisse immédiate de la TICPE pour aligner le secteur sur ses concurrents européens.
La flambée des prix du carburant plonge à nouveau les entreprises françaises de transport routier de marchandises dans une crise profonde. Face à ce que l’organisation professionnelle qualifie de « choc conjoncturel brutal », l’Union des Entreprises de Transport et de Logistique de France (Union TLF) a tiré la sonnette d’alarme le 23 mars, appelant le Gouvernement à une action immédiate pour éviter un décrochage fatal du secteur.
Un décrochage structurel face à l’Europe
Au-delà de la crise actuelle, l’Union TLF souligne que cette situation est le révélateur d’une perte de compétitivité structurelle qui fragilise le pavillon français depuis des décennies. Les chiffres avancés sont éloquents : en l’espace de trente ans, la part de marché des transporteurs nationaux sur le transport intérieur de marchandises a chuté de 90 % à seulement 58 %. Pour l’organisation, l’une des principales causes de ce déclin réside dans un différentiel de fiscalité sur le carburant, qui pénalise lourdement les acteurs hexagonaux par rapport à leurs voisins européens.
Une mesure d’urgence : l’alignement sur le plancher européen
Pour contrer cette tendance et apporter une bouffée d’oxygène aux entreprises, l’Union TLF avance une proposition forte, ciblée et immédiatement applicable : aligner temporairement le niveau de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE) sur celui de l’Espagne, qui applique le taux plancher autorisé par la réglementation européenne. Concrètement, le taux de TICPE nette en France s’élève à 45,19 euros par hectolitre (€/hl), et ce malgré le mécanisme de remboursement partiel. En comparaison, le taux net espagnol est fixé à 33 €/hl. Cette différence de plus de 12 €/hl crée, selon l’union, « une distorsion de concurrence » qui devient « intenable » en période de crise.
Des bénéfices immédiats pour les entreprises
L’adoption d’une telle mesure aurait des conséquences directes et significatives pour les entreprises du secteur. L’Union TLF estime qu’elle permettrait une baisse immédiate de plus de 6 % du prix du gazole professionnel. Cet allègement fiscal absorberait près d’un quart de la hausse vertigineuse des prix subie ces dernières semaines, qui a atteint +26 % entre la fin du mois de février et le 20 mars 2026. Plus structurellement, cette mesure redonnerait des marges de manœuvre cruciales à des entreprises dont la rentabilité est déjà parmi les plus faibles d’Europe.
Un coût maîtrisé pour un secteur stratégique
Le coût de ce dispositif temporaire est estimé par l’organisation à environ 70 millions d’euros par mois. L’Union TLF soutient que cette proposition s’inscrit parfaitement dans la stratégie gouvernementale visant à déployer des aides spécifiques pour les secteurs les plus exposés aux chocs économiques. Il s’agirait d’un investissement ciblé pour soutenir une filière essentielle au bon fonctionnement de l’économie française.
Le président de l’Union TLF, Jean-Thomas Schmitt, insiste sur la double nécessité d’une réponse conjoncturelle et structurelle. « Nous devons apporter des réponses conjoncturelles et ciblées pour aider les transporteurs à passer cette crise. La demande de l’Union TLF apporterait une réponse immédiate et directe pour baisser le prix des carburants pour les transporteurs, avec un effet limité sur les finances publiques. Mais il faut aussi que la réponse apportée à cette nouvelle crise soit plus qu’un pansement sur une jambe de bois. Il faut, enfin, sonner la fin du déclin du pavillon français », a-t-il déclaré.
L’Union TLF (https://www.e-tlf.com) est la principale organisation professionnelle représentant l’ensemble des métiers de la chaîne du transport et de la logistique en France. Ses adhérents, qui interviennent dans le transport routier, la messagerie, la logistique, le multimodal ou encore l’organisation de transport international, représentent près de 34 % des salariés de la branche, soit plus de 234 000 employés.

