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PARIS : Jean-Pierre FARANDOU : « L’augmentation de la…

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PARIS : Jean-Pierre FARANDOU : « L’augmentation de la prime d’activité illustre la volonté de valoriser le travail »

Le ministre du Travail et des Solidarités dévoile une réforme accordant dès avril un gain mensuel moyen de 50 euros à trois millions de ménages.

C’est une annonce attendue qui vient concrétiser les orientations budgétaires votées par l’Assemblée nationale le 2 février dernier. Dans un contexte économique où le pouvoir d’achat reste la préoccupation majeure des Français, le gouvernement a décidé de mettre l’accent sur la valorisation du travail. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a présenté ce lundi 16 février les contours de la réforme de la prime d’activité, prévue pour entrer en vigueur le 1er avril 2026.

Le constat dressé par le ministère est clair : il faut que le travail paie davantage que l’inactivité.

« Ce choix est un geste fort en faveur de celles et ceux qui travaillent. C’est une mesure de soutien à leur pouvoir d’achat et de considération vis-à-vis de leurs efforts », a déclaré Jean-Pierre Farandou.

Un gain direct pour les travailleurs modestes

Le cœur de cette réforme réside dans une revalorisation substantielle du montant versé aux allocataires. Concrètement, près de 3 millions de foyers bénéficieront d’une augmentation moyenne de 50 euros par mois. Cette mesure vise spécifiquement les travailleurs aux revenus modestes, qu’ils soient salariés ou indépendants, afin d’encourager l’exercice ou la reprise d’une activité professionnelle. Le dispositif, qui couvre actuellement 4,52 millions d’allocataires et touche indirectement 8,76 millions de personnes, représente un effort financier considérable pour l’État, les dépenses s’élevant déjà à 10,7 milliards d’euros en 2024. Pour être éligible, il faut résider en France de manière stable, avoir plus de 18 ans et percevoir des revenus ne dépassant pas certains plafonds, environ 2 000 euros nets pour une personne seule ou 3 450 euros pour un couple avec deux enfants dont un seul membre travaille.

Des impacts concrets sur le budget des ménages

Pour illustrer l’impact de cette réforme sur le quotidien des Français, le ministère a dévoilé plusieurs cas types qui bénéficieront de ce coup de pouce dès le mois d’avril. Les profils sélectionnés montrent une volonté d’élargir l’assiette des bénéficiaires.

Ainsi, un célibataire sans enfant gagnant 2 032 euros nets par mois, qui jusqu’ici ne percevait rien, touchera désormais 56 euros mensuels.

Les familles monoparentales sont également ciblées : une mère élevant seule deux enfants avec un salaire de 2 068 euros nets, auparavant exclue du dispositif, percevra une aide de 68 euros par mois. Pour un couple biactif avec deux enfants gagnant au total 3 566 euros nets, la prime passera de 115 euros à 169 euros, soit un gain net de 54 euros.

Les femmes et les jeunes en première ligne

L’analyse du profil des allocataires révèle que cette réforme aura un impact sociologique fort. Les femmes, qui sont surreprésentées parmi les bénéficiaires (57 %) en raison de revenus salariaux souvent plus faibles, seront les premières gagnantes de cette revalorisation. La jeunesse est aussi au cœur du dispositif. Alors que les 18-24 ans ne représentent que 13 % de la population active, ils constituent 16 % des bénéficiaires de la prime d’activité. Le soutien aux jeunes actifs et aux personnes seules, qui représentent 56 % des dossiers, s’inscrit dans une logique de lutte contre la précarité en début de carrière.

Vers une refonte du système de solidarité

Au-delà de cette mesure d’urgence pour le pouvoir d’achat, le ministre prépare le terrain pour une transformation plus profonde du modèle social français. Jean-Pierre Farandou a confirmé son intention de porter prochainement au Parlement le projet de création d’une « Allocation de solidarité unifiée » (ASU). Ce futur dispositif a pour ambition de fusionner la prime d’activité, le RSA et les aides au logement (APL) pour simplifier les démarches administratives et lutter contre le non-recours aux droits.

« Ce grand chantier se traduira dès 2027 par le déploiement d’un compte social unique, en ligne, permettant à chacun de disposer d’une vision claire de ses droits », a précisé le ministre.

Cette réforme s’inscrit dans la continuité des ajustements opérés ces dernières années, notamment la mise en place du pré remplissage automatique des ressources depuis mars 2025, qui a déjà permis de fiabiliser les déclarations et de simplifier la vie des allocataires gérés par les Caisses d’allocations familiales (CAF) et la Mutualité sociale agricole (MSA).