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PARIS : Jean-Christophe VILLETTE : « La QVCT doit interroger la soutenabilité réelle du travail »

À l’approche de la Semaine de la QVCT, le cabinet Ekilibre Conseil alerte sur les limites du bien-être de surface et appelle à traiter les causes organisationnelles du mal-être.

À quelques jours de la Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), qui se tiendra du 15 au 19 juin 2026, le débat sur la santé au travail est relancé. Pour le cabinet Ekilibre Conseil, spécialisé dans les enjeux humains en entreprise, il est temps de dépasser les initiatives cosmétiques pour s’attaquer au véritable enjeu : la soutenabilité du travail. Derrière les signaux d’alerte que sont l’absentéisme, les risques psychosociaux ou la fatigue managériale se cache souvent une réalité plus profonde : une organisation du travail devenue intenable pour les collaborateurs.

Un coût économique et humain alarmant

Les conséquences de cette situation ne sont pas seulement humaines, elles sont aussi économiques. Selon des travaux cités par Ekilibre Conseil, l’absentéisme représenterait un coût direct d’au moins 108 milliards d’euros par an pour l’économie française, soit près de 4 % du PIB. À ce chiffre s’ajoutent des coûts invisibles mais bien réels : désorganisation des services, surcharge de travail pour les équipes présentes, perte de savoir-faire, augmentation du turnover et dégradation progressive de la marque employeur. Ces symptômes ne relèvent pas d’un simple mal-être individuel, mais traduisent une crise structurelle du rapport au travail.

Dépasser les actions de bien-être ponctuelles

Face à ces constats, de nombreuses entreprises multiplient les initiatives : ateliers bien-être, conférences inspirantes, moments de convivialité. Si ces actions peuvent contribuer à améliorer l’ambiance, elles restent insuffisantes car elles ne s’attaquent pas aux racines du problème. Jean-Christophe Villette, psychologue du travail, fondateur d’Ekilibre Conseil et vice-président de la FIRPS (Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux), appelle à un changement de paradigme.

« La QVCT ne peut pas se limiter à améliorer l’ambiance ou à proposer des actions ponctuelles. Le cœur du sujet, c’est la soutenabilité du travail : ce que l’on demande aux salariés, avec quels moyens, quelles marges de manœuvre et quel soutien », affirme-t-il.

Les « 3 S » comme nouvelle boussole

Pour guider une démarche QVCT efficace, Ekilibre Conseil propose un modèle reposant sur trois piliers indissociables, les « 3 S » :

La soutenabilité cognitive et émotionnelle :

Elle interroge la charge de travail réelle, les rythmes imposés, la complexité des tâches et la multiplication des changements subis.

Le soutien relationnel et managérial :

Il évalue la qualité de la reconnaissance, le niveau d’écoute, l’effectivité de la coopération entre les équipes et le sentiment de sécurité psychologique.

Le sens du travail :

Il mesure l’utilité perçue des missions, la capacité à réaliser un travail de qualité et à atteindre ses propres standards professionnels.

Selon le cabinet, c’est l’équilibre de ces trois dimensions qui conditionne la santé, l’engagement et la performance durable des organisations.

Le manager, maillon essentiel mais fragilisé

Le management est souvent désigné comme le levier principal de la QVCT. Or, les managers sont eux-mêmes en première ligne, pris en étau entre des exigences contradictoires, un manque de temps criant et la pression constante de la performance, tout en devant accompagner des équipes souvent fragilisées.

« On ne peut pas demander aux managers de rendre le travail soutenable si leur propre travail ne l’est plus. La soutenabilité doit être pensée au niveau de l’organisation, pas seulement portée par les individus », souligne Jean-Christophe Villette.

Cette analyse plaide pour une approche globale où la santé au travail devient un sujet de gouvernance, piloté au plus haut niveau de l’entreprise par les directions générales, en collaboration étroite avec les ressources humaines, les managers et les partenaires sociaux. La soutenabilité du travail doit ainsi s’imposer comme un indicateur stratégique, au même titre que les résultats financiers ou la cybersécurité.

À propos d’Ekilibre Conseil

Ekilibre Conseil est un cabinet de conseil indépendant qui accompagne les entreprises pour trouver des solutions adaptées et innovantes afin de relever les défis du bien-être et de la performance au travail.

Également organisme de formation, Ekilibre Conseil est spécialisé dans l’accompagnement sur mesure et sectoriel du management des enjeux humains au travail.

Pour plus d’informations :

https://ekilibre-conseil.com/

via Presse Agence.