PARIS : Institut ILIADE – L’immigration, armée de rés…
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PARIS : Institut ILIADE – L’immigration, armée de réserve du capital
Quand on évoque l’immigration, la question du travail est souvent placée au cœur du débat.
Cela peut paraître surprenant, car si l’on regarde les chiffres de 2024 en France, seuls 50 000 titres de séjour sur 330 000 délivrés à des étrangers hors Union européenne (et GrandeBretagne) l’ont été au titre du travail — soit un sur sept. Pourtant, ces chiffres donnent une idée erronée de la réalité, pour deux raisons principales. D’abord, une partie de la délivrance des autres titres — étudiants, asile, motifs humanitaires ou regroupement familial — dissimule souvent des entrées motivées par le travail. Ensuite, un titre de séjour délivré pour le travail ouvre la voie au regroupement familial, permettant l’arrivée d’enfants et surtout de femmes porteuses d’une démographie dynamique. Ainsi, interrompre les vagues migratoires successives nécessite d’abord de stopper l’immigration de travail, un type d’immigration souvent justifié par des considérations courttermistes, mais dont les conséquences à long terme, économiques et surtout identitaires, sont majeures. L’immigration de travail repose sur un double calcul d’intérêt : celui du travailleur d’un côté, celui de l’employeur de l’autre.
L’intérêt du travailleur : consommer autant que travailler
Pour le travailleur, c’est la perspective d’un revenu meilleur et d’une vie plus confortable. Dans les faits, nous n’importons pas seulement des travailleurs, mais aussi des consommateurs. Un salaire — légal ou illégal —, souvent complété par des aides sociales, offre des revenus supérieurs à ceux du pays d’origine, une partie étant parfois renvoyée sous forme de transferts de fonds. C’est aussi l’accès à des infrastructures de qualité (logements, transports, réseaux d’eau) qui rendent la vie plus facile ou confortable.
L’intérêt de l’employeur : la logique marxienne
Pour l’employeur, c’est l’opportunité de sous-payer ses employés. C’est la logique marxienne, doublement incarnée par Marx… Karl et Marx… Thierry. Pour Karl Marx, les chômeurs forment « l’armée de réserve du capital » : leur nombre maintient les salaires à la baisse par l’abondance de la demande de travail. Cette doctrine fut officielle sous Georges Pompidou, de 1969 à 1974. Rien de révolutionnaire là-dedans : c’est la logique d’Adam Smith, où l’équilibre du marché naît de l’offre et de la demande, appliquée au travail. Mais aujourd’hui, cette « armée de réserve » est colossale : ce sont les centaines de millions d’hommes et de femmes sous-employés dans le Sud global. Dans la famille Marx, il y a aussi Thierry, chef étoilé et président de l’UMIH (Union des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie), un lobby qui milite pour ouvrir les frontières à l’immigration – pour le personnel d’entretien des hôtels comme pour les plongeurs en cuisine. Derrière cela, la cupidité des employeurs est incontestable.
Paresse des consommateurs et cupidité des marchands
Les employeurs objectent qu’ils doivent s’adapter au x limites du pouvoir d’achat des consommateurs. C’est vrai. Mais encore faut-il produire au juste prix et au juste salaire — celui qui rémunère correctement un travail physiquement fatigant et contraignant en termes d’horaires. Un patron avisé trouve toujours du personnel qualifié en le payant à sa juste valeur. Bien sûr, cela risque d’augmenter le coût du service. Mais alors, désolé : nul n’est obligé d’aller au restaurant — on peut recevoir chez soi ou préparer sa « musette », qu’on appelle aujourd’hui lunch box. Nul n’est obligé de se faire livrer repas ou biens à domicile, ni de recourir à de la main-d’œuvre étrangère pour le ménage ou la garde d’enfants.
Qu’est-ce qui pousse à cela ? La logique du moindre effort. En bon français, la paresse. Au fond, l’immigration est une facilité économique à court terme pour les individus, qui se paie à long terme pour la collectivité. C’est un double transfert : d’aujourd’hui vers demain, de l’ego vers la communauté. Évidemment, cela explique pourquoi l’immigration a tant de complices.
Et maintenant, si nous pensions communauté ? Si nous pensions avenir ? Pour moi, les préoccupations identitaires et culturelles liées à l’immigration doivent l’emporter sur les considérations économiques et sociales. Jamais l’ubérisation ne légitimera à mes yeux la créolisation. Pourtant, dans ce qui suit, je vais mettre l’essentiel de côté et poser une question strictement économique : en quoi pourrions-nous avoir besoin de main-d’œuvre étrangère ? C’est difficile pour moi, mais grâce à l’intelligence artificielle, je vais tenter de me mettre dans la tête d’un immigrationniste.
SOURCE : Institut ILIADE.

