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PARIS : Industrie – La pénurie de talents, défi majeu…

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PARIS : Industrie – La pénurie de talents, défi majeur pour 72% des professionnels

Un baromètre de Fabriq révèle la pénurie de talents comme défi n°1 de l’industrie, poussant l’entreprise à lancer une solution IA.

Le secteur industriel français fait face à un défi de taille qui surpasse désormais les seules considérations économiques : la pénurie de talents et le déficit de compétences. C’est le constat alarmant que dresse le nouveau baromètre de Fabriq, spécialiste de la performance industrielle, publié ce mardi 31 mars 2026. Menée auprès de dirigeants, managers et opérateurs, l’étude révèle que pour 72% des professionnels, l’enjeu humain est devenu le principal frein à la compétitivité.

Un secteur en proie au doute

Le moral des industriels est en berne. Le baromètre met en lumière un scepticisme généralisé quant à l’efficacité des politiques publiques : la totalité des dirigeants interrogés (100%) jugent les stratégies de réindustrialisation, au mieux, peu concrètes et, au pire, inefficaces. Ce pessimisme se traduit par une perception dégradée de la position de la France sur l’échiquier européen, 63% estimant que l’industrie tricolore est « en retard » par rapport à ses voisins.

Face à ce qu’ils décrivent comme une pression sur les marges (50%) et une complexité réglementaire étouffante (45%), les décideurs réclament des mesures fortes. Ils attendent prioritairement des allègements fiscaux et de charges (68%) ainsi qu’une simplification administrative drastique (63%) pour regagner en compétitivité.

Le capital humain, un enjeu critique

Au-delà de ces revendications structurelles, le véritable point de crispation reste le capital humain. Le défi majeur pour 72% des sondés est un double phénomène : d’une part, une vague de départs à la retraite qui entraîne une hémorragie de savoir-faire critique et, d’autre part, un turnover qui reste trop élevé.

Les conséquences sur la performance sont directes. Selon des données citées dans le rapport, l’indice de productivité français est en baisse constante depuis 20 ans (LNS Research). Sur le terrain, environ 60% des industriels rapportent des performances en matière de productivité, de qualité ou de sécurité inférieures aux objectifs fixés (Wavestone, 2025). Cette situation met en péril la capacité des entreprises à innover et à maintenir leurs standards de production.

L’intelligence artificielle, entre espoir et frein culturel

Dans ce contexte tendu, l’intelligence artificielle (IA) apparaît comme une voie d’avenir. Une écrasante majorité des décideurs (90%) s’accorde à dire que l’IA deviendra un levier décisif de compétitivité d’ici deux à cinq ans. Cependant, son intégration n’est pas sans obstacles. La moitié des dirigeants (50%) anticipe une transformation progressive des métiers, tandis que 41% identifient la culture du changement comme le principal frein à son adoption dans les usines.

Pourtant, l’IA pourrait être la clé pour surmonter la crise des compétences. « Au-delà de la performance, l’IA joue un rôle majeur en devenant la mémoire vive de l’usine. En digitalisant les connaissances et l’expérience, les entreprises sécurisent leur continuité opérationnelle dans le temps. C’est un outil indispensable pour réussir le passage de témoin entre les seniors et les nouveaux talents ou pallier les pénuries », analyse Julie Voyer, directrice du salon Global Industrie.

Une réponse technologique pour capitaliser sur le savoir-faire

En réponse directe à ces enjeux, Fabriq, dont la plateforme est déjà déployée sur plus de 750 sites industriels, a annoncé l’enrichissement de son offre. L’entreprise lance une nouvelle brique dédiée à la gestion des connaissances et des compétences, alimentée par l’intelligence artificielle.

Cette solution vise à transformer les problèmes résolus au quotidien, les bonnes pratiques et les standards opérationnels en documents structurés, validés et traduits, qui sont ensuite rendus facilement accessibles aux équipes sur le terrain. L’objectif est de capitaliser sur chaque expérience pour en faire un apprentissage durable à l’échelle de l’entreprise. Un module complémentaire de gestion des compétences, annoncé comme « bientôt disponible », offrira une vision dynamique des aptitudes par poste pour s’assurer d’avoir « les bonnes compétences, au bon endroit, au bon moment ».

« Fabriq franchit aujourd’hui une étape : déployer efficacement la connaissance et transformer chaque problème résolu en apprentissage durable pour l’organisation. Notre ambition est de boucler la boucle de l’amélioration continue – détecter, agir et apprendre – et proposer aux industriels un système d’exécution capable de soutenir durablement leur excellence opérationnelle », conclut Octave Lapeyronie, cofondateur de Fabriq.

Le baromètre a été réalisé en France entre septembre et décembre 2025 auprès d’un panel de 50 dirigeants et 150 collaborateurs de terrain. Fondée en 2019, Fabriq développe une solution SaaS pour l’industrie, utilisée par des groupes comme Safran, Airbus, Andros ou LVMH dans 61 pays.