PARIS : ILEC -Région Sud, valoriser sur place
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PARIS : ILEC -Région Sud, valoriser sur place
La coopération entre acteurs économiques est l’une des clés pour dynamiser la région méditerranéenne, dont l’agriculture et l’agroalimentaire subissent de fortes contraintes (climat, eau, emploi…).
Mais l’ex-Paca conserve ses atouts. Entretien avec Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud, chargée de l’agriculture, de la viticulture, de la forêt, de la mer et de l’agroalimentaire.
Comment définiriez-vous aujourd’hui le profil économique et notamment agricole de la Région Sud ?
Bénédicte Martin : Notre région est de taille modeste par rapport aux grandes régions issues des fusions administratives, comme l’Occitanie ou la Nouvelle-Aquitaine, qui sont en outre d’importants terroirs agricoles. Mais elle conserve un poids considérable par la diversité de ses productions et la vitalité de ses filières. Nous avons la chance de profiter d’une agriculture diverse : viticulture, arboriculture, maraîchage, cultures spécialisées, élevage de montagne… Elle produit une mosaïque d’exploitations de tailles et de modèles divers, souvent familiales, parfois innovantes, toutes ancrées dans un territoire où la culture agricole est forte. Cette diversité est une richesse économique ; l’agriculture régionale pèse 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires ; C’est aussi une garantie de résilience : si certaines filières souffrent, d’autres prennent le relais. L’amande et la pistache, par exemple, connaissent une belle dynamique, tandis que la trufficulture s’impose comme un produit à haute valeur ajoutée. En revanche, la viticulture et les plantes à parfum, parmi nos piliers historiques, subissent de fortes tensions économiques et climatiques.
Le climat méditerranéen serait-il une contrainte autant qu’un atout ?
B. M. : Ce climat qui a longtemps été un avantage devient une source de fragilité. La douceur hivernale et l’ensoleillement favorisent une grande variété de productions, mais la sécheresse récurrente et les épisodes de chaleur extrême affaiblissent désormais les cultures, même pour des productions réputées résistantes, comme la vigne ou l’olivier. De plus, nous devons composer avec des ressources en eau inégalement réparties. Les grandes plaines agricoles bénéficient du château d’eau des Alpes, la Durance et le Verdon, grâce à des infrastructures exemplaires gérées par la Société du Canal de Provence ou les ASA (associations syndicales autorisées). Mais d’autres territoires, comme le centre du Var ou le nord du Vaucluse, sont en tension hydrique. Or c’est un enjeu stratégique : sans eau, pas de production. Nous travaillons donc à des projets de substitution et d’interconnexion, pour sécuriser l’approvisionnement agricole à long terme.
SOURCE : ILEC – La Voix des marques.

