PARIS : IA au travail – Les salariés français se mont…
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PARIS : IA au travail – Les salariés français se montrent plus méfiants que leurs homologues européens
Une enquête internationale révèle le paradoxe français : les entreprises investissent massivement dans l’IA mais les salariés l’utilisent peu, sur fond de méfiance.
Alors que l’intelligence artificielle s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour les entreprises, son adoption par les salariés révèle des disparités culturelles et des défis importants. Selon un nouveau baromètre international de Planeta Formation et Universités, réalisé en collaboration avec l’institut espagnol GAD3, les professionnels français affichent une prudence marquée vis-à-vis de l’IA, contrastant fortement avec les investissements consentis par leurs employeurs.
L’étude, menée en France, en Espagne, en Italie et en Colombie, vise à dépasser les discours d’intention pour sonder l’intégration réelle de l’IA dans les activités professionnelles quotidiennes. Les résultats complets de ce second baromètre seront présentés et analysés ce mardi 17 mars 2026, lors d’un événement au campus de l’EDC Paris Business School à Puteaux.
Un paradoxe français bien marqué
Le principal enseignement de l’enquête met en lumière une situation singulière en France. Avec 72 % des entreprises déclarant financer des outils d’intelligence artificielle, l’Hexagone se place en tête des pays européens étudiés en matière d’investissement. Pourtant, cet effort financier peine à se traduire en usages concrets : seuls 35 % des salariés français affirment utiliser régulièrement l’IA dans le cadre de leur travail. Cet écart significatif entre l’offre technologique et l’adoption par les équipes suggère l’existence de freins culturels ou organisationnels profonds.
Des inquiétudes persistantes en Europe
Cette méfiance n’est pas une exception purement française, mais elle s’inscrit dans un scepticisme plus large partagé avec son voisin transalpin. L’étude révèle que la France et l’Italie sont les deux pays où les professionnels expriment le plus de préoccupations quant aux conséquences de l’IA. Les craintes se concentrent principalement sur l’impact potentiel sur les conditions de travail et la transformation, voire la suppression, de certains postes. L’automatisation des tâches et la redéfinition des métiers nourrissent une anxiété palpable chez une partie des salariés européens.
La Colombie, un contre-modèle optimiste
À l’opposé du spectre, la Colombie se distingue par une adoption enthousiaste et une vision résolument positive de l’IA. Dans ce pays d’Amérique du Sud, 56 % des entreprises ont déjà franchi le pas de l’implémentation active de solutions d’IA. Plus révélateur encore, près de trois quarts des professionnels colombiens (72 %) anticipent une transformation profonde de leur rôle, mais perçoivent ce changement comme une opportunité plutôt qu’une menace pour l’emploi. Cet optimisme offre un contraste saisissant avec la prudence observée en Europe.
La formation, un enjeu clé aux résultats contrastés
Face à ces mutations, la formation apparaît comme un levier indispensable. En France, l’enquête souligne que les initiatives de montée en compétences sur l’IA sont majoritairement financées par les entreprises. Cependant, cet investissement ne semble pas encore porter ses fruits en termes de confiance. Le niveau d’auto-évaluation des compétences des salariés français en matière d’IA reste le plus faible des quatre pays étudiés, avec seulement 32 % des professionnels s’estimant compétents dans ce domaine.
La présentation de mardi, qui réunira des experts académiques et des intervenants des écoles du Groupe Planeta (EDC Paris Business School, ESLSCA Business School, Sup de Luxe, Sports Management School, École de Guerre Économique), sera l’occasion de décrypter ces tendances et de proposer des pistes d’action concrètes pour accompagner les entreprises et les salariés dans cette transition technologique majeure.