PARIS : Heure d’été – Le signal ALS 162, un enj…
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PARIS : Heure d’été – Le signal ALS 162, un enjeu de souveraineté pour la France
À l’occasion du passage à l’heure d’été le 29 mars, France Horlogerie rappelle le rôle stratégique du signal horaire ALS 162.
Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026, la France métropolitaine adoptera l’heure d’été. À 2 heures du matin, les horloges devront avancer de soixante minutes pour afficher 3 heures. Derrière ce rituel biannuel se cache une technologie souveraine, méconnue du grand public mais essentielle au bon fonctionnement du pays : le signal horaire ALS 162.
Un automatisme invisible pour 300 000 horloges
Diffusé depuis un émetteur situé à Allouis, dans le département du Cher, le signal ALS 162 transmet l’heure légale française, élaborée avec une précision atomique par les laboratoires de l’Observatoire de Paris et de l’Observatoire de Besançon. Sous la responsabilité de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR), ce signal permet à près de 300 000 horloges sur tout le territoire de se synchroniser automatiquement et instantanément.
Ce dispositif est crucial pour une multitude d’infrastructures publiques et privées. Les horloges des gares, des aéroports, des établissements scolaires, des mairies, mais aussi les systèmes d’alarme, les panneaux d’information ou les équipements industriels dépendent de cette référence temporelle fiable pour fonctionner de manière coordonnée et sécurisée. Le passage à l’heure d’été s’effectuera ainsi sans aucune intervention humaine pour tous ces équipements radio-synchronisés.
Un enjeu de souveraineté et de cybersécurité
À l’heure où de nombreux systèmes s’appuient sur le signal GPS américain pour la synchronisation horaire, France Horlogerie, l’organisation professionnelle de la filière, rappelle que cette dépendance présente des vulnérabilités. De récents incidents de brouillage ou de défaillance du signal GPS ont mis en lumière la nécessité de disposer de sources de temps alternatives et résilientes.
Le signal ALS 162, transmis par ondes longues, se présente comme une solution robuste, particulièrement difficile à perturber et, surtout, totalement indépendante de technologies étrangères. Il constitue de ce fait un enjeu stratégique de souveraineté nationale, garantissant à la France une autonomie complète dans la diffusion de son heure légale. Conscients de cette importance, les pouvoirs publics, à l’initiative de la filière horlogère, ont prolongé sa diffusion jusqu’à la fin de l’année 2034.
France Horlogerie, gardienne du temps français
L’organisation France Horlogerie, qui fédère une centaine d’entreprises du secteur, a joué un rôle moteur dans la pérennisation de ce service. La filière horlogère française, qui représentait en 2025 un chiffre d’affaires de 425 millions d’euros et plus de 3 000 emplois, ne se contente pas de produire des montres et des composants. Elle contribue également, à travers son pôle « temps-fréquence », à maintenir des technologies de pointe essentielles à l’indépendance et à la sécurité de la nation. La continuité du signal ALS 162 est l’une des illustrations de cet engagement.