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PARIS : Hélène THOUY : « L’État doit encadrer l’utilisation d’animaux sur les réseaux sociaux »

Suite au faux enlèvement du chien d’un influenceur, le Parti animaliste interpelle l’État pour réguler l’exploitation des animaux en ligne.

L’affaire a secoué les réseaux sociaux pendant plusieurs jours avant que la supercherie ne soit révélée ce 9 février 2026. L’influenceur Cyril Schreiner a mis en scène le faux enlèvement de son chien Albert, suscitant une vague d’émotion et d’inquiétude parmi des milliers d’internautes, dont certains ont effectué des dons. Face à ce que le Parti animaliste qualifie de « dérive structurelle », l’organisation politique monte au créneau et demande aujourd’hui une intervention ferme des pouvoirs publics pour mettre fin à l’instrumentalisation des animaux à des fins commerciales sur internet.

Une mise en scène aux lourdes conséquences

Pour le Parti animaliste, cet événement dépasse le simple dérapage individuel. Il s’agit de l’illustration d’un phénomène grandissant : « l’exploitation d’animaux comme supports de divertissement et de revenus publicitaires sur les réseaux sociaux, sans cadre protecteur suffisant ni contrôle effectif ». La mise en scène de la disparition de l’animal a été utilisée pour générer de l’audience, de l’engagement et, au final, une monétisation.

Le parti dénonce une double tromperie. D’une part, une tromperie commerciale envers les internautes, floués dans leur générosité. D’autre part, une banalisation dangereuse de la maltraitance et du vol d’animaux, des fléaux bien réels. En utilisant la détresse animale, même fictive, comme un ressort narratif, de telles pratiques fragilisent la crédibilité des véritables alertes lancées par les associations ou les particuliers.

Le travail des associations de protection animale affaibli

L’une des conséquences les plus dommageables de cette affaire est la mobilisation inutile de plusieurs associations de protection animale. Croyant à un véritable enlèvement, des bénévoles et des structures ont consacré du temps et des ressources précieuses à relayer l’information et à organiser des recherches. Ce temps et cette énergie ont été détournés de situations d’urgence authentiques où des animaux sont réellement en danger et nécessitent une intervention rapide. Le Parti animaliste estime que ces mises en scène portent un préjudice direct au travail de terrain des acteurs de la protection animale en saturant l’espace médiatique et en érodant la confiance du public.

Un appel à la responsabilité de l’État et des plateformes

Face à ce vide réglementaire, le Parti animaliste formule des demandes claires. Il appelle à l’application stricte de la loi de 2023 encadrant l’activité des influenceurs commerciaux, notamment sur le volet des pratiques commerciales trompeuses. Il exhorte également les plateformes TikTok, Snapchat et Instagram à « assumer leur responsabilité d’éditeurs en retirant les contenus mensongers impliquant des animaux ».

« Un animal n’est pas un outil de storytelling ni un accessoire marketing. Quand la détresse animale, même fictive, devient un levier d’audience et de revenus, c’est toute la protection animale qui recule. L’État doit agir : la loi existe, elle doit être appliquée, et elle doit désormais être complétée pour encadrer clairement l’utilisation d’animaux sur les réseaux sociaux », déclare Hélène Thouy, porte-parole du Parti animaliste.

Le parti demande ainsi formellement au gouvernement trois mesures concrètes : la création d’un cadre réglementaire spécifique à la présence d’animaux dans les contenus numériques monétisés ; la mise en place d’une responsabilité solidaire des plateformes et des créateurs en cas de diffusion de contenus trompeurs ; et enfin, la création d’un ministère de la Condition animale pour garantir une politique publique cohérente sur ces sujets. Sans une réaction rapide des pouvoirs publics, le parti alerte sur la multiplication de ces pratiques qui transforment les animaux de compagnie en simples « actifs numériques ».