PARIS : Gestion du Mont-Saint-Michel – La CGT dénonce…
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PARIS : Gestion du Mont-Saint-Michel – La CGT dénonce un « coup de grâce » et appelle à la grève
Le transfert de l’abbaye du Mont-Saint-Michel à un établissement local suscite la colère des syndicats, qui craignent pour l’avenir de 110 monuments.
L’annonce par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ce mercredi 17 juin, du transfert de la gestion de l’abbaye du Mont-Saint-Michel au profit de l’établissement public local (EPMSM) a provoqué l’ire des syndicats du Centre des Monuments Nationaux (CMN). Dans un communiqué virulent, la CGT-CMN qualifie cette décision d’« honteuse et irresponsable », y voyant une « véritable mise à mort » du CMN et une menace directe pour les 110 monuments de son réseau.
En réponse, une journée de grève et de mobilisation est organisée ce jeudi 18 juin sur l’ensemble du territoire, avec un rassemblement prévu à 11h00 à l’Hôtel de Sully, à Paris.
Une rupture du modèle de solidarité nationale
Au cœur des préoccupations syndicales se trouve le principe de péréquation financière qui régit le CMN. Ce modèle de solidarité permet aux recettes des sites les plus fréquentés, comme l’abbaye du Mont-Saint-Michel (1,6 million de visiteurs en 2025), de financer l’entretien, la restauration et l’ouverture au public de monuments moins rentables, souvent situés en zone rurale.
Selon l’intersyndicale (CGT, CFDT, SUD, UNSA, SNAC FSU, CFTC), extraire l’abbaye de ce réseau « déstabiliserait ce modèle économique qui a fait ses preuves et mettrait en péril l’équilibre financier du CMN ». Le syndicat CGT dénonce une décision « brutale et politicienne », prise sans concertation avec les représentants du personnel.
Un argumentaire économique contesté
Les syndicats réfutent l’argument d’une rationalisation économique, avancé notamment par Hervé Morin, président de la région Normandie et de l’EPMSM. L’idée que les deux établissements génèrent des doublons coûteux est qualifiée de « mauvais exemple », leurs périmètres d’action étant jugés distincts. Le communiqué de la CGT affirme que la mutualisation des compétences est un « faux débat ».
« Cette décision repose sur plusieurs faux arguments développés à longueur d’articles de presse par les élus normands », accuse le syndicat.
L’absence d’étude d’impact pour évaluer les conséquences financières, sociales et patrimoniales de ce transfert est également pointée du doigt.
Des compensations jugées incertaines et insuffisantes
Sébastien Lecornu a évoqué une compensation financière, avec le reversement d’une partie des recettes de l’abbaye au CMN, dont le montant et la durée restent flous. Les syndicats s’interrogent sur la capacité de cette « obole » à couvrir les investissements prévus. Ils rappellent que le CMN conserverait la maîtrise d’ouvrage des travaux de restauration, avec un programme ambitieux de 50 millions d’euros pour le monument.
Cette somme s’ajoute au « mur d’investissement » de 38 millions d’euros annoncé par l’EPMSM pour les infrastructures aux abords du site. Pour les syndicats, cette décision répond avant tout à une logique « clientéliste » des élus normands souhaitant « mettre la main sur le pactole » des recettes de l’abbaye.
Appel à la mobilisation pour préserver le patrimoine
Face à ce qu’ils considèrent comme le « premier acte du démembrement du Centre des monuments nationaux », les agents du CMN sont appelés à se mobiliser massivement. L’intersyndicale craint des conséquences graves sur les emplois, les conditions de travail, mais aussi sur les tarifs, prédisant qu’une hausse du droit d’entrée serait inévitable pour absorber les nouvelles charges financières.
Une pétition a été lancée pour exiger le maintien de l’abbaye au sein du CMN et préserver l’intégrité du service public culturel sur tout le territoire.
La pétition est accessible en ligne : https://c.org/vkGqmgPgrZ
Contact syndical : CGT-CMN, 1, rue des Quatre-fils, 75003 Paris / 01 40 15 51 70.
Site de la CGT-Culture : http://www.cgt-culture.fr/
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

