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PARIS : Géopolitique du Vatican – Un livre décrypte l’élection d’un pape à l’ère des empires
Mikael Corre publie un essai analysant la fabrique du pouvoir au Vatican face au retour des logiques impériales.
À l’heure où les équilibres mondiaux se recomposent sous la pression de nouvelles logiques de puissance, le Vatican demeure un observatoire politique et diplomatique de premier plan. C’est ce prisme d’analyse que choisit Mikael Corre, correspondant du journal *La Croix* à Rome, dans son nouvel ouvrage « Géopolitique d’un conclave. Élire un pape quand les empires reviennent », à paraître le 15 avril prochain aux éditions Bayard. En s’appuyant sur une fiction minutieusement construite, l’auteur propose une plongée dans les arcanes du pouvoir pontifical et son interaction avec un monde en pleine mutation.
Une fiction pour décrypter le réel
Le livre s’ouvre sur un postulat audacieux : le 21 avril 2025, le pape François décède. S’ensuivent dix-huit jours de vacance du pouvoir, période durant laquelle la mécanique politique et les influences mondiales se déploient au sein du plus petit État du monde. Le 8 mai, un cardinal américain est élu et prend le nom de Léon XIV. Ce point de départ, loin d’être une prophétie, sert de laboratoire d’analyse à l’auteur pour disséquer un moment crucial où se confrontent visions du monde, stratégies diplomatiques et conceptions du pouvoir.
L’ouvrage entend répondre à une question centrale : comment l’autorité romaine peut-elle s’incarner et peser face au retour des discours de puissance, à la résurgence des logiques impériales et à l’instrumentalisation croissante du catholicisme par des mouvances d’extrême droite ? Le passage symbolique du pontificat de François à celui de ce pape américain fictif, dans un contexte international marqué par le « trumpisme », devient le fil rouge d’une réflexion géopolitique approfondie.
Le conclave, théâtre des influences mondiales
Mikael Corre dépeint le conclave non seulement comme un événement religieux, mais comme une « scène politique totale ». Il s’attache à décrypter les gestes, les silences et les détails qui révèlent les tensions et les alliances à l’œuvre. L’élection d’un pape n’est jamais neutre ; elle est le fruit de rapports de force complexes où se mêlent les enjeux internes à l’Église et les pressions des grandes puissances.
Le livre explore comment, durant ces quelques jours où le trône de Pierre est vide, les cardinaux électeurs deviennent les dépositaires de questions fondamentales qui traversent l’Église universelle, mais aussi les porte-voix, conscients ou non, des fractures géopolitiques contemporaines. L’analyse se veut un décryptage de la fabrique même du pouvoir, montrant ce que cette institution deux fois millénaire révèle de l’état du monde dans lequel elle s’exerce.
L’analyse d’un spécialiste du Vatican
Journaliste et correspondant au Vatican depuis 2024, Mikael Corre apporte un regard d’expert, nourri par une connaissance intime des rouages de la Curie romaine. Son approche, qui mêle sciences humaines et géopolitique, est servie par un style qualifié d’enlevé et un sens aigu de l’analyse. Auteur déjà remarqué pour ses précédents ouvrages, notamment « Le Central » (Bayard, 2023) et son adaptation en roman graphique « Anatomie d’un commissariat » (Bayard, 2024), il propose ici une réflexion sur la nature du pouvoir et sa capacité à s’adapter ou à résister aux secousses du monde.


