PARIS : François KRAUS : « Les indicateurs ne semblent pas…
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PARIS : François KRAUS : « Les indicateurs ne semblent pas au beau fixe pour l’écologie politique »
Une vaste étude de l’Ifop et de l’Institut Terram dévoile un reflux drastique des priorités écologiques au profit de la sécurité aux municipales.
À une semaine du premier tour des élections municipales qui débute le 15 mars 2026, l’Institut Terram, un groupe de réflexion dédié à l’étude des territoires, et l’Ifop publient une enquête nationale d’une ampleur exceptionnelle. Menée du 1er au 6 février 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 10 196 Français, cette étude radiographie les dynamiques électorales locales à l’aune du contexte national. Le verdict statistique est clair : la dynamique écologiste de 2020 laisse place à un nouveau cycle dominé par le régalien et la gestion du quotidien.
Le risque d’un vote sanction massif pour EELV
Les indicateurs mesurés sont particulièrement sévères pour les exécutifs sortants affiliés à Europe-Écologie-Les Verts (EELV) ou à la mouvance écologiste. Un phénomène de désalignement rétrospectif frappe de plein fouet ces communes : 30 % des électeurs ayant glissé un bulletin vert dans l’urne en 2020 regrettent aujourd’hui leur choix. Ce chiffre représente le double de la moyenne observée à travers les 35 000 communes métropolitaines. Cette amertume fait de ces maires les plus exposés à un vote de défiance électorale. Ainsi, seuls 24 % des électeurs votant dans des villes dirigées par un écologiste souhaitent leur reconduction, un chiffre deux fois inférieur à la moyenne nationale, qui s’établit à 55 %.
« L’interprétation des dynamiques en cours invite à revisiter la ‘vague verte’ de 2020 qui avait vu, dans un contexte exceptionnel, les écologistes conquérir ou conserver une dizaine de villes de plus de 50 000 habitants. En 2026, avec un fort recul des préoccupations écologiques, un bilan de leurs maires sortants souvent mitigé et un regain de participation qui dilue l’électorat EELV, les indicateurs ne semblent pas au beau fixe pour les défenseurs de l’écologie politique », analyse François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités à l’Ifop.


