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PARIS : Fouad SEVIMLI : « La complexité du droit du travail pousse les professionnels RH à l’épuisement »
Une étude Staff & Go révèle que près de 8 professionnels RH sur 10 envisagent de quitter leur métier, écrasés par la complexité réglementaire.
Le constat est sans appel et dresse le portrait d’une profession sous haute tension. Confrontés à une complexité juridique et administrative croissante, près de huit professionnels des ressources humaines sur dix (79 %) ont déjà envisagé de quitter leur fonction. C’est la conclusion alarmante d’une enquête menée du 9 au 15 mars 2026 par Staff & Go, un éditeur français de solutions SIRH, auprès de 1 956 responsables RH en France. Pour 31 % d’entre eux, cette idée est même devenue récurrente, signe d’une usure professionnelle profonde.
Une profession au bord de la rupture
La pression réglementaire est identifiée comme le principal facteur de ce découragement massif. Loin d’être un concept théorique, ses effets sont concrets et quotidiens. « La complexité du droit du travail n’est pas abstraite. Elle se traduit par des heures perdues, des erreurs qui coûtent cher et des professionnels RH qui envisagent de partir. Dans une PME où les équipes RH sont très resserrées, ce temps-là n’est jamais rattrapé », analyse Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go. L’étude montre que pour 69 % des sondés, le droit du travail est devenu plus difficile à appliquer qu’à comprendre, soulignant un fossé grandissant entre la théorie et la réalité du terrain. Ce sentiment transforme la nature même du métier : 46 % des RH estiment que leur rôle s’est mué en celui d’un interprète du droit, au détriment de leur mission de stratège humain.
Le poids écrasant de la complexité administrative
L’adaptation est constante et épuisante. Près de la moitié des professionnels (49 %) doivent « très souvent » revoir leurs pratiques en raison de nouvelles interprétations jurisprudentielles, et 38 % le font « régulièrement ». Ce ne sont pas tant les lois elles-mêmes qui posent problème (8 %), mais bien leur interprétation et leur mise en œuvre opérationnelle, citées comme un défi majeur par 42 % des répondants. À cela s’ajoute une charge mentale importante, évoquée par 18 % des professionnels. Cette lourdeur administrative a une conséquence directe : 93 % des RH affirment qu’elle les empêche de se consacrer pleinement aux enjeux humains de leur mission. Le chiffre est éloquent : seuls 9 % des RH déclarent que leur temps est réellement alloué au développement des talents, tandis que 91 % sont accaparés par les contraintes juridiques et administratives. Plus de la moitié d’entre eux (55 %) y consacrent plus de trois heures par semaine.
Des craintes ancrées dans le quotidien opérationnel
Les inquiétudes des services RH se concentrent sur des sujets fondamentaux et récurrents. La gestion des arrêts maladie (54 %), le décompte des heures supplémentaires (47 %), l’organisation des congés (42 %) et l’encadrement du télétravail (41 %) constituent les principaux points de friction et de risque juridique perçu. Ces préoccupations pragmatiques éclipsent des sujets plus récents comme l’IA Act (18 %). Le phénomène des « tracances », qui consiste à télétravailler pendant ses vacances, est également perçu comme « une bombe à retardement » par 48 % des RH, et déjà comme un risque juridique certain pour 34 % d’entre eux, faute d’un cadre légal clair.
Entre prise de risque et paralysie décisionnelle
Pris en étau entre la nécessité de se conformer à la loi et les impératifs de l’entreprise, plus d’un responsable RH sur deux (55 %) reconnaît avoir déjà pris une décision qu’il savait potentiellement contestable sur le plan juridique, mais jugée indispensable pour l’activité. Cette situation nourrit un climat d’incertitude qui paralyse l’action. Les professionnels se sentent tiraillés entre trois dangers équivalents : la peur d’être trop rigide et de freiner l’entreprise (33 %), la crainte de ne pas être en conformité (31 %) et celle de ne plus oser prendre de décisions (30 %). Cette étude, initiée par l’éditeur de logiciels Staff & Go (https://staffngo.com/), met en lumière le besoin urgent pour les entreprises de s’équiper d’outils capables d’automatiser et de sécuriser les processus pour libérer les RH de cette charge et leur permettre de se recentrer sur leur cœur de métier : l’humain.


