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PARIS : Fondapol – Contre le protectionnisme européen

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PARIS : Fondapol – Contre le protectionnisme européen

Depuis le déclenchement de la crise bancaire et financière en 2007 et, plus encore, depuis sa transmission à l’économie «réelle » à partir de 2008, des voix de plus en plus fortes se sont élevées pour demander l’instauration de mesures protectionnistes à l’échelle européenne.

Ces voix émanent essentiellement de deux sources :

– les gouvernements, qui voient dans ces mesures un moyen de protéger certains secteurs industriels de la concurrence des produits importés ou des délocalisations ;

– certains experts (le plus souvent non-économistes, mais démographes comme Emmanuel Todd, géographes comme Hakim El Karoui, journalistes comme Philippe Cohen), notamment réunis sous la bannière du site « Pour un protectionnisme européen » (www.protectionnisme.eu).

Les résurgences protectionnistes sont fréquentes en temps de crise, la tentation du repli sur soi est naturelle. La thématique protectionniste connut un regain d’intérêt dans les années 1930, bien sûr, mais aussi au milieu des années 1970, après le premier choc pétrolier (Jean-Marcel Jeanneney publie Pour un nouveau protectionnisme en 1978). On comprend bien l’avantage que les politiques peuvent en tirer. En «protégeant » une industrie au moyen de barrières douanières (comme les États-Unis ont été tentés de le faire récemment avec l’acier, jusqu’à ce que Barack Obama fasse retirer de son plan de relance la clause dite « Buy American »), un État fait montre de son volontarisme et de sa capacité à agir dans la tempête. Les emplois préservés sont en outre parfaitement identifiables. Si l’on avait par exemple fermé le secteur de l’acier à la concurrence non américaine, il aurait été facile de mettre en avant les emplois d’ouvrier préservés, au moins à court terme. À l’inverse, les avantages du libre-échange (croissance plus forte, prix plus faibles) sont dispersés dans une grande partie de la population et donc moins facilement perçus par l’opinion. Le but de cette analyse est de montrer que :

– l’Union européenne ne saurait adopter une politique protectionniste sans payer un prix très supérieur aux avantages qu’elle pourrait en retirer ;

– les problèmes soulevés par les défenseurs du protectionnisme trouvent des réponses dans quatre actions principales de politique économique : le développement des capacités européennes de recherche et d’innovation ; le renforcement du financement de l’innovation; l’harmonisation des normes et des règlements nationaux ; la coordination des politiques macroéconomiques.

SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 9 avril 2025.