PARIS : Exposition – La peintre britannique Rose WYLI…
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PARIS : Exposition – La peintre britannique Rose WYLIE présente sa première monographie parisienne
La galerie David Zwirner accueille la première exposition personnelle à Paris de l’artiste britannique Rose Wylie, du 2 avril au 23 mai 2026.
La scène artistique parisienne s’apprête à accueillir un événement majeur avec la toute première exposition personnelle de Rose Wylie en France.
Du 2 avril au 23 mai 2026, la galerie David Zwirner présente « Henri, Egypt…Bette, Bear », une sélection d’œuvres inédites et récentes de l’artiste britannique.
Cette exposition, la huitième collaboration entre la peintre et la célèbre galerie, coïncide avec la plus grande rétrospective de son travail jamais organisée au Royaume-Uni, qui se tient actuellement à la Royal Academy of Arts de Londres jusqu’au 19 avril.

Un style faussement naïf
Née en 1934, Rose Wylie a développé un langage pictural unique, immédiatement reconnaissable. Ses compositions, foisonnantes et exubérantes, semblent au premier abord relever d’une esthétique candide, presque enfantine. Pourtant, un examen plus attentif révèle des méditations subtiles et pleines d’esprit sur la nature de la représentation visuelle. L’artiste explore avec brio des stratégies de composition qui s’écartent de la perspective traditionnelle de la Renaissance, n’hésitant pas à répéter un même motif à travers de nombreuses itérations pour approfondir sa recherche formelle. Elle juxtapose fréquemment des images en apparence disparates, créant des résonances et des rimes visuelles qui fusionnent en une composition cohérente et puissante.
Comme le souligne la curatrice Tanja Boon, « les tableaux de l’artiste illustrent sa capacité à s’imprégner de son environnement, à saisir la puissance de ce qui l’entoure. Ils reflètent aussi l’étendue de ses connaissances en matière de cultures et de styles, en lien à des cultures populaires et pleines de clichés ou à des cultures visuelles non-occidentales souvent méconnues ».
Hommage au Douanier Rousseau et à la culture populaire
Pour sa première exposition à Paris, une ville qu’elle affectionne et visite régulièrement depuis sa jeunesse, Rose Wylie rend hommage à une figure de l’art français : Henri Rousseau. Le titre de l’exposition, « Henri, Egypt…Bette, Bear », est tiré de son tableau *Homage to Henri, Bette and Bear* (2026). Cette œuvre est une réinterprétation de *Mauvaise surprise* (1899-1901) du Douanier Rousseau. Wylie y joue avec l’homonymie anglaise entre « bear » (ours) et « bare » (dénudé), transformant la femme nue de l’original en l’actrice américaine Bette Davis, pudiquement vêtue d’une robe-tablier, tout en accentuant les griffes de l’ours, inspirées d’une image vue à la télévision.
D’autres toiles inédites témoignent de sa capacité à assimiler des images de la culture populaire, de l’histoire de l’art et de sa vie domestique. Plusieurs œuvres s’inspirent d’une mosaïque antique turque découverte en 2016, dont la palette d’ocres et de rouges rouille rappelle les fresques de Fra Angelico. Le diptyque *The House Next Door, Or, Jumbo Meat Cleaver* (2025) plonge quant à lui dans son quotidien, représentant la maison de son voisin, visible pour la première fois après la taille des buissons mitoyens.
Rétrospective et motifs récurrents
L’exposition parisienne inclut également une sélection d’œuvres sur papier et de peintures plus anciennes, permettant de retracer l’évolution de son style et la récurrence de certains motifs. Le tableau *Manor* (2004) s’inspire d’une image de personnages de jeu vidéo parue dans la presse, dont Wylie étend le format original pour donner plus d’espace aux baigneurs. *Black Berlin Bear* (2008) explore le thème de l’artiste-animal, se représentant aux côtés de l’artiste Mark Wallinger, qui avait performé déguisé en ours dans son film *Sleeper* (2004).
Une reconnaissance internationale tardive
Diplômée du Royal College of Art de Londres en 1981, Rose Wylie a connu une reconnaissance critique et publique tardive mais fulgurante ces dernières années. Lauréate du prestigieux John Moores Painting Prize en 2014, elle a été élue la même année membre senior de la Royal Academy of Arts, qui lui a décerné le Charles Wollaston Award en 2015. En 2018, elle a été nommée Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE) pour sa contribution à l’art. Représentée par la galerie David Zwirner depuis 2017, son travail fait aujourd’hui partie des collections des plus grandes institutions mondiales, telles que la Tate au Royaume-Uni, le Hammer Museum à Los Angeles et le Museum Ludwig à Cologne.


