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PARIS : Etats généraux de la santé, Eric CHENUT sonne la mo…

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PARIS : Etats généraux de la santé, Eric CHENUT sonne la mobilisation générale

Dans un contexte de défiance croissante envers les institutions politiques, la société civile reprend la main pour lancer une vaste consultation citoyenne destinée à sauver un système de santé à bout de souffle.

Un constat implacable : l’urgence d’une refondation.

C’est un véritable cri d’alarme que lance Eric Chenut, président de la Mutualité Française, accompagné d’une coalition inédite de sept organisations majeures. Quatre-vingts ans après sa création, notre modèle de protection sociale, autrefois fierté nationale, vacille sur ses bases. Si les progrès en matière d’espérance de vie ou de mortalité infantile sont indéniables, le système est aujourd’hui qualifié de « déficitaire » et « fragilisé ». Les chiffres révélés par le sondage Odoxa, réalisé pour l’occasion, sont sans appel : 82 % des Français sont persuadés que le système deviendra plus inégalitaire à l’avenir.

Face à ce constat, Eric Chenut et ses partenaires refusent la fatalité du déclin. L’objectif n’est pas de procéder à quelques ajustements paramétriques, mais bien d’impulser une dynamique nouvelle pour sortir du prisme réducteur de la seule approche budgétaire. Il s’agit de défendre une vision politique forte : la santé n’est pas une ligne de coût, mais un investissement démocratique. En unissant la Mutualité Française, l’Association des Assureurs Mutualistes, la CFDT, la FEHAP, l’Uniopss, l’UNPS et l’Unsa, ce collectif démontre que l’urgence commande l’union sacrée des forces vives de la nation, au-delà des clivages habituels.

Une méthode inédite : la parole rendue aux citoyens.

Pour relever ce défi titanesque, les organisateurs ont choisi de briser les codes technocratiques habituels. Pas question de décider entre experts dans des bureaux feutrés. La démarche se veut « apartisane » et résolument ascendante. Le calendrier dévoilé ce lundi structure une année entière de travaux, articulée en trois phases distinctes. La première étape, lancée ce 17 novembre 2025, est une phase consultative massive qui courra jusqu’au 17 février 2026. Via la plateforme numérique *www.placedelasante.fr*, chaque citoyen, chaque professionnel de santé est invité à déposer ses constats et ses intuitions sans inscription préalable.

Cette volonté de transparence est garantie par deux figures éminentes du monde médical et scientifique : les professeurs Agnès Buzyn et Antoine Flahault. Leur rôle de garants assure l’intégrité d’un processus qui débouchera, entre mars et juillet 2026, sur une phase de co-construction avec des ateliers en régions et une convention démocratique. Comme l’indique le dossier de presse, l’ambition est d’aborder tous les sujets « sans tabou ni totem », de la gouvernance à la répartition public-privé. C’est une réappropriation démocratique d’un bien commun qui échappe trop souvent à ses usagers.

Dépendance et grand âge : le défi du siècle.

Au cœur de cette refondation, la question du vieillissement de la population apparaît comme la pierre angulaire des débats à venir. La présence de la FEHAP (Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne) et de l’Uniopss parmi les co-porteurs n’est pas anodine. Alors que les familles françaises sont confrontées quotidiennement aux difficultés de la perte d’autonomie, le dossier met en lumière l’impérieuse nécessité de repenser l’accompagnement du grand âge.

Le périmètre des États généraux identifie clairement le « Vieillissement et perte d’autonomie » comme une priorité absolue. Il ne s’agit plus seulement de soigner, mais de prendre soin (« care »), en intégrant les dimensions du handicap et de la prévoyance. L’analyse de fond suggère un changement de paradigme : passer d’une gestion de la dépendance subie à une politique d’autonomie choisie et financée solidairement. C’est ici que la vision humaniste des mutuelles et des associations gestionnaires prend tout son sens, proposant un modèle non lucratif comme rempart contre la marchandisation des vulnérabilités.

Au-delà du soin : une vision systémique et solidaire.

L’originalité de la démarche portée par Eric Chenut réside dans son approche holistique. Le système de santé ne s’arrête pas aux portes de l’hôpital. En intégrant la « Santé environnementale », la « Santé au travail » et la « Prévention » dans le périmètre de discussion, les États généraux entendent traiter les causes autant que les symptômes. L’engagement des syndicats comme la CFDT et l’Unsa souligne que la protection sociale est indissociable des conditions de travail et de vie.

Cette vision systémique s’attaque également aux déserts médicaux et à l’accès aux soins, des sujets brûlants pour les territoires. L’UNPS (Union nationale des professions de santé), représentant près de 500 000 libéraux, apporte ici son expertise de terrain. L’enjeu est de réconcilier la médecine de ville, l’hôpital et le secteur médico-social dans une gouvernance et une coordination fluidifiées. L’innovation numérique n’est pas oubliée, perçue non comme une fin en soi, mais comme un outil au service de l’efficience et de la réduction des inégalités territoriales.

Objectif 2027 : imposer la santé au cœur du débat démocratique.

Ne nous y trompons pas : cette initiative est éminemment politique, au sens noble du terme. Le calendrier a été minutieusement pensé pour peser sur les prochaines échéances électorales majeures. La phase de convergence, prévue de juillet à novembre 2026, aboutira à un forum national et à la remise de « propositions concrètes et systémiques ». L’objectif est clair : imposer ces thématiques aux futurs candidats à l’élection présidentielle de 2027.

Les Français sont prêts pour ce débat. Selon le sondage Odoxa, 96 % d’entre eux font de la préservation du système de santé un enjeu clé du prochain scrutin présidentiel. Plus marquant encore, 83 % des électeurs affirment que les propositions des candidats en la matière auront un impact déterminant sur leur vote. Ce qui se joue ici, c’est un transfert de légitimité : 83 % des Français font confiance à la société civile pour formuler des solutions, contre seulement 53 % pour l’État. En lançant ces États généraux, Eric Chenut et ses alliés ne font pas que défendre un acquis social ; ils revivifient la démocratie participative.

Conclusion.

Ces États généraux de la santé et de la protection sociale marquent un tournant décisif. Face à l’inertie ou aux seules logiques comptables, la société civile organisée démontre sa capacité à « faire nation ». En mobilisant l’intelligence collective, des citoyens aux experts, cette démarche rappelle avec force que la protection sociale est notre patrimoine le plus précieux, celui qui tisse le lien invisible de la solidarité entre les générations et les territoires. Réformer pour ne pas subir, proposer pour ne pas renoncer : c’est toute la noblesse de cet engagement au service de l’intérêt général.