PARIS : Essai – L’autogestion générale, une mét…
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PARIS : Essai – L’autogestion générale, une méthode pour sortir du capitalisme
Dans son nouvel essai à paraître le 6 mai, Guillaume Etiévant propose une sortie du capitalisme par la prise de contrôle des entreprises par les salariés.
Face aux crises multiples, et si l’alternative au capitalisme n’était ni une utopie irréalisable, ni un projet autoritaire ? C’est la thèse défendue par Guillaume Etiévant dans son nouvel ouvrage, « Autogestion générale. Sortir du capitalisme : méthode », qui sera publié le 6 mai 2026 en coédition par Les liens qui libèrent et Frustration magazine. L’auteur, rédacteur en chef de *Frustration*, y développe une approche pragmatique et radicale, fondée sur le pouvoir des travailleurs au sein même de leur lieu de production.
Le livre, troisième opus de la collection commune aux deux éditeurs, propose de rompre avec l’idée que le changement ne peut venir que d’en haut. Pour Guillaume Etiévant, la véritable transformation sociétale s’enracine dans des luttes concrètes et locales, menées par les salariés pour reprendre le contrôle de leur outil de travail.
Des précédents historiques comme boussole
Loin d’être une simple construction théorique, la proposition de l’auteur s’appuie sur des expériences historiques souvent méconnues ou marginalisées par le récit officiel. L’essai rappelle notamment les événements de Turin en 1919, où les ouvriers avaient pris le pouvoir dans les usines, ou encore l’Espagne de 1936, lorsque des millions de travailleurs avaient collectivisé la production, fonctionnant sans la tutelle de patrons ou d’actionnaires.
Selon l’auteur, le point commun de ces mouvements est essentiel : ils dessinent les contours d’une sortie du capitalisme qui ne passe ni par une étatisation bureaucratique confisquant le pouvoir, ni par une direction centralisée agissant « au nom du peuple ». L’autogestion y apparaît comme une troisième voie, démocratique et ancrée dans le réel.
Un basculement par le rapport de force
La méthode d’Etiévant ne mise pas sur un grand soir révolutionnaire ou des lois providentielles. Il soutient que le changement s’amorcera par des mobilisations au sein même des entreprises. Le processus décrit est celui de salariés qui s’organisent collectivement, imposent un nouveau mode de gouvernance et prennent en main leur destinée économique.
Ces conquêtes locales, bien qu’insuffisantes à elles seules pour renverser le système, sont présentées comme la condition sine qua non d’une évolution plus globale. C’est par l’instauration d’un rapport de force sur le terrain que les travailleurs peuvent rendre un basculement législatif plus large non seulement possible, mais inévitable. « L’autogestion générale n’est pas un rêve : elle a déjà existé. Et elle peut recommencer », conclut la présentation de l’ouvrage.
Un auteur expert des questions économiques et sociales
Guillaume Etiévant n’est pas un nouveau venu dans le débat économique. Il travaille depuis plus de quinze ans comme expert auprès des syndicalistes, analysant les rouages financiers des entreprises. Son engagement politique est également notable, puisqu’il a largement contribué à l’élaboration du programme économique de Jean-Luc Mélenchon lors des campagnes présidentielles de 2012 et 2017. Son parcours lui confère une connaissance fine du monde de l’entreprise et des dynamiques syndicales qui nourrit sa réflexion.

