PARIS : Éric SAVOLDELLI : « Chaque sommet des Écrins devien…
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PARIS : Éric SAVOLDELLI : « Chaque sommet des Écrins devient personnage dans mon roman »
Pour son premier roman graphique « Mona », qui sort le 6 mai, Éric Savoldelli puise dans son histoire familiale au cœur du massif des Écrins.
Le 6 mai prochain, les lecteurs découvriront « Mona », un premier roman graphique puissant et émouvant signé Éric Savoldelli, publié par Les Étages Éditions. L’ouvrage, fruit de trois années de travail, explore l’immigration italienne des années 1950, la vie âpre de la haute montagne, le métier de bûcheron-débardeur et le lien singulier qui unit l’homme à l’animal. Ancré dans le massif des Écrins, le récit se nourrit de l’histoire personnelle de l’auteur, transformant une saga familiale en une œuvre universelle sur la transmission et la mémoire.
Une quête des origines
Le projet a pris racine dans une révélation intime. « Un peu avant mes vingt-deux ans, en discutant avec mes parents, j’ai découvert que mon grand-père paternel ne s’appelait pas Romano mais Melchissedecco », raconte Éric Savoldelli. Cet aïeul, qu’il a peu connu, a traversé les Alpes à pied à quatorze ans pour travailler en France et soutenir sa famille restée en Italie. Pour s’intégrer, il a changé son prénom et abandonné sa langue natale. « Cela m’a énormément ému. Je pense que j’avais cette histoire en moi depuis toujours, ça a été l’élément déclencheur », confie l’auteur. En hommage, le personnage principal de « Mona » se prénomme Melchio, diminutif de Melchissedecco.
L’autofiction comme hommage familial
Éric Savoldelli qualifie son livre d’autofiction. Le personnage de Melchio est un concentré de son héritage, inspiré par son grand-père mais aussi par son père et son frère, qui perpétuent le métier de débardeur à cheval. La figure de son frère a été centrale dans la création. « Il a les traits, la carrure, les mains d’un travailleur qui passe ses journées, peu importe la saison, dehors en forêt. C’était très important pour moi que Melchio porte ses traits, s’il avait refusé je n’aurais pas fait le livre », souligne-t-il. Loin du simple roman de famille, cette démarche lui permet de « rendre hommage au métier de bûcheron, dont on ne parle que très peu et qui m’était initialement destiné ».
Le massif des Écrins, un personnage à part entière
L’histoire se déroule dans un territoire qu’Éric Savoldelli connaît intimement : la vallée de la Guisane, et plus précisément le village du Monêtier-les-Bains dans les Hautes-Alpes. « Au même titre que le choix de mon histoire et de mes personnages, cette vallée fait également partie de mes racines, j’y suis né, j’y ai grandi et j’y vis toujours aujourd’hui », explique-t-il. Pour lui, la montagne n’est pas un simple décor mais une présence spirituelle essentielle à son équilibre. Cette authenticité se reflète dans son travail documentaire minutieux : il a exploré et photographié d’anciennes galeries de mine, observé la musculature des chevaux de trait au travail et retrouvé des images d’archives pour restituer l’atmosphère des années 1950. « J’ai porté ce livre pour qu’il devienne un hommage à la montagne où chaque sommet des Écrins devient personnage, un hommage à ceux qui n’avaient pas d’autre choix que de partir pour s’en sortir, un hommage à Mona qui incarne ce que la relation de l’homme à l’animal a de plus juste », résume l’artiste.
Une discipline de marathonien
Fils d’une gardienne de refuge et d’un bûcheron, passé par les métiers de berger et bûcheron lui-même, Éric Savoldelli a abordé la création de cette bande dessinée avec la rigueur d’un sportif de haut niveau. Il décrit une routine de travail intense, débutant à 5 heures du matin pour des journées de dessin de dix heures. C’est sa rencontre avec l’œuvre de Jean-Marc Rochette, « Ailefroide », qui a été un choc esthétique et narratif, le décidant à se lancer dans le dessin pour raconter ses propres histoires.
Le roman graphique « Mona » (176 pages, 32 euros) sortira en librairie le 6 mai 2026. Une journée de presse en présence de l’auteur est également prévue à Paris le 21 mai.


