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PARIS : Eric BUHAGIAR : « Les projets d’IA ne peuvent s’improviser à grande échelle »
Eric Buhagiar, d’ASC Technologies, livre ses clés pour réussir l’intégration de l’IA et transformer durablement la productivité des entreprises.
L’intelligence artificielle (IA) s’impose comme une rupture technologique majeure du 21ème siècle. Si son adoption dans la sphère privée, orientée vers la productivité individuelle, est désormais une réalité tangible, sa généralisation massive au sein des structures professionnelles marque encore le pas. Comment passer d’une logique d’efficacité personnelle à une productivité globale à l’échelle de l’organisation ? C’est la problématique soulevée par Eric Buhagiar, expert chez ASC Technologies.
Un impératif de cadrage et de rentabilité
Pour toute entreprise, l’objectif demeure l’amélioration continue des performances et l’obtention d’un retour sur investissement concret pour chaque action engagée. L’intelligence artificielle ne déroge pas à cette règle et doit démontrer ses apports de manière pragmatique. Cependant, la précipitation a souvent prévalu sur la méthode. « Les projets intégrant l’IA doivent être parfaitement cadrés et budgétés. Dans les faits, cela n’a pas été le cas et nombre d’initiatives ont été lancées à la hâte sans étude d’impact », déplore Eric Buhagiar.
Cette absence de préparation a conduit à des échecs dans la majorité des cas observés. Le constat est particulièrement sévère pour les TPE et PME. Contrairement aux grands groupes, ces structures ne bénéficient pas de ressources extensibles pour multiplier les expérimentations hasardeuses. Pour elles, chaque projet doit viser juste.
L’exigence de gains opérationnels concrets
L’intégration de l’IA suscite de fortes attentes chez les collaborateurs. Ces derniers espèrent mesurer des gains opérationnels rapides, leur permettant de travailler plus aisément et plus rapidement. Toutefois, la réalité est souvent plus nuancée. « Sur ce point, on note que les gains ne sont pas toujours au rendez-vous dans la mesure où le collaborateur doit s’investir fortement et qu’il n’a pas nécessairement le temps de le faire », analyse l’expert.
Pour réussir, l’entreprise doit faire évoluer ses processus organisationnels. Il s’agit de projets structurels complexes qui exigent du temps et de la méthode. « Les projets d’IA ne peuvent s’improviser à grande échelle. Il faut prendre le temps, se donner des objectifs clairs et embarquer les collaborateurs dans le projet en leur expliquant clairement les avantages visés à terme », précise Eric Buhagiar. Une telle transformation nécessite une véritable gouvernance de l’IA, portée directement par la direction générale (Top Management).
Le timing stratégique de la transformation
L’une des erreurs courantes réside dans le calendrier de mise en œuvre. L’IA doit s’inscrire dans une vision stratégique globale et s’intégrer à un plan de transformation digitale existant. Mais quand faut-il la déployer ? Pour ASC Technologies, la réponse ne souffre aucune ambiguïté : l’IA intervient « lorsque l’entreprise a achevé sa transformation digitale et non avant ». Lancer ces projets trop tôt, sans socle numérique solide, nuirait à la cohérence globale de l’entreprise et empêcherait toute standardisation de la démarche.
La formation : au-delà des outils grand public
Enfin, l’improvisation n’a pas sa place en matière de compétences. Il est crucial de former les équipes aux technologies spécifiques envisagées. L’IA professionnelle, régie par des règles métiers et des usages précis, diffère sensiblement des agents conversationnels grand public comme ChatGPT.
« Un plan d’accompagnement est alors nécessaire et doit être structuré dans le temps : initiation, atelier de définition des usages, évangélisation sur les prompts », détaille Eric Buhagiar. C’est à ce prix que l’adoption de l’IA deviendra vertueuse et que les freins au changement seront levés. En encadrant strictement le projet, en définissant de vrais besoins et en accompagnant les équipes, l’IA peut alors remplir sa promesse : augmenter la productivité et générer des bénéfices mesurables à tous les niveaux de l’entreprise.