PARIS : Épargne – La Banque de France propose un taux…
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PARIS : Épargne – La Banque de France propose un taux de 1,5 % pour le Livret A
Le Gouverneur de la Banque de France a recommandé hier de fixer la rémunération du Livret A à 1,5 % et celle du LEP à 2,5 % pour le prochain semestre.
C’est un arbitrage attendu par des millions d’épargnants qui s’est joué ce jeudi. Dans un contexte de net ralentissement de l’inflation, la Banque de France a transmis ses recommandations au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique concernant les taux de l’épargne réglementée. Si la tendance est à la baisse, l’institution a fait le choix de soutenir le pouvoir d’achat en dérogeant à la stricte application des formules de calcul.
Un atterrissage en douceur pour le Livret A
Le taux du placement préféré des Français devrait passer de 1,7 % à 1,5 %. Si cette proposition acte un recul, elle reste plus favorable que la stricte application de la règle mathématique. En effet, compte tenu d’une inflation hors tabac moyenne de 0,88 % au second semestre 2025 et des taux interbancaires, la formule aurait dû conduire à une rémunération de 1,4 %.
Le Gouverneur a donc opté pour un arrondi supérieur afin de « protéger encore mieux le pouvoir d’achat ». Avec une inflation tombée à 0,8 % en décembre dernier, le rendement réel du Livret A s’annonce positif, offrant une rémunération près de deux fois supérieure à la hausse des prix.
Un soutien marqué à l’épargne populaire
La volonté de préserver les ménages modestes est encore plus visible concernant le Livret d’épargne populaire (LEP). Alors que le calcul technique dictait un taux de 1,9 %, la Banque de France a proposé un « coup de pouce » significatif de 0,6 point pour le maintenir à 2,5 %.
Cette décision vise à conforter le statut du LEP comme « véritable support de l’épargne populaire ». Le succès de ce livret ne se dément d’ailleurs pas : le nombre de détenteurs est passé de 8,3 millions fin 2022 à plus de 12 millions aujourd’hui, porté par les campagnes de sensibilisation de la DGFiP.
Financer la transition et le logement social
Cette politique de taux, qualifiée de « baisse modérée », entend également favoriser l’investissement. La diminution du coût de la ressource pour les acteurs financiers a déjà montré ses effets en 2025. Les crédits signés par la Banque des Territoires ont bondi de 45 % l’an passé pour atteindre 41 milliards d’euros.
La dynamique est particulièrement forte sur le front de la transition écologique : les « prêts verts » accordés aux collectivités locales, notamment pour la rénovation énergétique des écoles, ont presque doublé (+96 %) pour s’établir à 10,5 milliards d’euros. La balle est désormais dans le camp de Bercy pour valider ces nouveaux taux.


