PARIS : Environmental Justice Foundation et Défense des Mil…
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PARIS : Environmental Justice Foundation et Défense des Milieux Aquatiques mettent le gouvernement français
Environmental Justice Foundation et Défense des Milieux Aquatiques mettent le gouvernement français en demeure d’agir pour interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées.
Environmental Justice Foundation (EJF) et Défense des Milieux Aquatiques (DMA) ont adressé aujourd’hui une demande officielle au gouvernement français d’interdire le chalutage de fond, l’une des pratiques de pêche les plus destructrices pour l’environnement, dans des aires marines protégées (AMP). L’autorisation du chalutage dans ces sites abritant des habitats vulnérables protégés porte atteinte à l’intégrité des sites et enfreint la législation française et européenne. Elle compromet également la pérennité à long terme des pêcheries, affirment les ONG.
Aujourd’hui, EJF et DMA ont envoyé une demande formelle aux autorités françaises qui sera suivie d’une action en justice devant les tribunaux français en cas d’inaction de l’État. La demande porte sur la détérioration des habitats marins causée par le chalutage de fond dans deux AMP, Chausey et Bancs des Flandres. Le chalutage de fond, une méthode de pêche qui consiste à traîner des filets lestés sur les fonds marins, est l’un des principaux facteurs de déclin de la biodiversité marine. Il détériore durablement les habitats marins et capture sans discernement des espèces non ciblées. Malgré cela, le chalutage de fond reste autorisé et est pratiqué dans 77 % des sites Natura 2000 marins français, en violation de la législation environnementale.
« Bien que la France ait pris des engagements importants sur le papier, la réalité est que le chalutage de fond, destructeur des écosystèmes, se poursuit sans contrôle dans un grand nombre de ses aires protégées », a déclaré Steve Trent, président et fondateur d’EJF. « Le droit est clair et la science est sans équivoque : le chalutage de fond est incompatible avec les aires marines protégées. La France doit agir maintenant pour s’assurer que ces protections vitales ne soient pas que de simples lignes sur une carte. Ces espaces doivent être réellement protégés, ce qui implique l’arrêt immédiat du chalutage de fond en leur sein. »
Si la demande porte principalement sur deux AMP, la situation au sein de ces espaces est représentative de l’incapacité générale de l’État à mettre en œuvre les lois existantes, affirment les ONG. L’interdiction du chalutage de fond dans les AMP vise également à assurer un avenir durable au secteur de la pêche, qui dépend essentiellement de la bonne santé des océans. Les ONG affirment que l’autorisation du chalutage de fond dans les aires protégées va directement à l’encontre de cet objectif. Des habitats sains à l’intérieur et à proximité des AMP sont essentiels pour les activités de pêche dans les eaux avoisinantes.
« La France et les autres États membres de l’UE disposent actuellement du cadre juridique nécessaire à la protection de leurs écosystèmes marins. Ce qui manque, ce sont des mesures adéquates pour l’appliquer en pratique. Nous espérons qu’une action en justice incitera le gouvernement français à prendre des mesures rapides pour mettre fin à la pêche destructrice dans ses aires protégées », a déclaré Philippe Garcia, président de DMA.
« En respectant la loi et en assurant une transition juste et équitable vers des activités plus durables, la France et les autres États membres de l’UE peuvent tenir les promesses qu’ils ont faites à leurs propres citoyens et à la communauté internationale ».


