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PARIS : En librairie Radio libre (1940-1945) aux éditions…

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Floriane Dumont
21 Avr 2024

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PARIS : En librairie Radio libre (1940-1945) aux éditions du Félin

Préface de Daniel Cordier / postface de Sébastien Albertelli.

Radio libre (1940-1945) de Maurice de Cheveigné

Extrait de la préface de Daniel Cordier :

Radio libre de Maurice de Cheveigné, principal opérateur radio de Jean Moulin en 1942-1943 est un livre bouleversant. Je ne comprends pas qu’il n’ait pas été publié plus tôt. Tout ce qu’il dit est vrai ! Ceux qui aiment les romans ne doivent pas le lire, les autres le trouveront passionnant. Pour moi, c’est un chef-d’œuvre.

Tel fut mon sentiment dans les années 1980, lorsque l’auteur me le fit lire après m’avoir réclamé des corrections. Chaque page révèle un passé exceptionnel et terrible à la fin. Mais, jusqu’au dernier mot, c’est la vie qui renaît.

J’ai tort d’écrire le « dernier mot »… Lorsque Cheveigné m’avait confié son manuscrit, je n’avais lu que les cent soixante-dix premières pages qui concernaient la guerre et la Résistance. Après son arrestation, j’avais abandonné ma lecture. Le monde qu’il décrivait ne me concernait plus : j’avais eu la chance de rentrer à Londres avant d’être arrêté !

Aujourd’hui, j’ai relu son texte du début jusqu’à la fin. Vingt ans après sa mort, j’ai découvert ce que fut le calvaire d’un camarade incarcéré et la vie atroce d’un camp de concentration. J’ai honte d’avoir tardé à le lire et j’ai pleuré…

Comme nous tous, Cheveigné était pudique sur son passé. Je ne devrais pas en souligner la singularité. Car les plus âgés de mes camarades de la France Libre n’avaient pas vingt ans : un âge où l’on ne raconte pas sa vie. Selon les moments, nous étions tristes ou joyeux, mais ne nous confiions jamais. Peut-être parce qu’à cet âge de la jeunesse, pour exister, nous nous « reprenions » totalement !

[…] Je suis heureux que le récit qu’il écrivit sur « sa » guerre soit enfin publié. La vie des combattants est un secret : celui de Cheveigné est déchirant.

Maurice de Cheveigné (1920-1992) fut un résistant français, opérateur radio du BCRA. Parachuté en mai 1942, il est d’abord radio d’un agent du commissariat national à l’Intérieur. Il travaille ensuite avec Jean Moulin et Georges Bidault, parfois avec d’autres services. Surchargé, il est parfois aidé par Daniel Cordier. En 1943, Cheveigné assure les liaisons de Raymond Fassin. Arrêtés, ils sont tous deux déportés vers le camp de Sachsenhausen..

En librairie aujourd’hui !

Prix littéraire de la Résistance 2014, Radio Libre est enfin disponible en poche. Nerveux, brutal, sans concession, les mémoires de celui qui fut un temps le « radio » de Jean Moulin avant d’être déporté étaient considérées par Daniel Cordier comme « un bouleversant chef-d’œuvre »

« Le rythme alerte, les phrases courtes, I’humour tout est criant de liberté et de vie » La Revue des deux mondes

« Un livre exceptionnel par son écriture simple, précise, nerveuse. Sa manière concise de décrire Iui donne une force rare » La Quinzaine

« Ces pages sont exceptionnelles » Esprit

Extrait

Geheime Feld Polizei

Une traction avant noire roule à peine, à ras du trottoir, et s’arrête, ayant un peu dépassé le café. J’aperçois tout juste sa malle arrière, à travers la vitre, et aussitôt après, de l’autre côté, le capot de la voiture qui la suit et qui s’arrête. Elles encadrent la devanture. Bruits de portières. Les Chleuhs. De grands diables ouvrent brutalement la porte du café, s’engouffrent. Manteaux de cuir verdâtre, ceintures serrées, pointant pistolets, mitraillettes. L’air méchant, ils aboient, chiens enroués : « Police allemande ! » On s’en serait douté.

Pas grand monde dans le café, trois, quatre clients, le patron, la patronne. Ils fouillent tout le monde. Sur moi ils trouvent les télés codés. « Ach ! Terroriste, monsieur ! Gross filou ! » Mes poignets tordus dans le dos sont pris par des menottes. Une demi-douzaine de baffes en pleine poire.

La fouille du café continue : il semble qu’il leur manque quelque chose. Sans doute n’étaient-ils pas venus pour moi ? Ma présence dans ce café était due au hasard, ou presque. J’y venais rarement, seulement s’il me fallait attendre un train.

Ils me jettent hors du café, m’enfournent sans ménagement dans une des tractions. Traversée de Lille. Passants indifférents. L’épée de Damoclès vient de me tomber sur la gueule et je contemple le désastre.

À paraître le 19 avril 2024

ISBN : 978-2-494297-46-3

11.9 € – 256 pages