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PARIS : Emplois saisonniers – Près d’une entrep…

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PARIS : Emplois saisonniers – Près d’une entreprise sur deux en difficulté de recrutement

Selon une étude Staff & Go, près d’une entreprise sur deux ne parvient pas à pourvoir tous ses postes saisonniers, un défi majeur.

À l’approche de la saison estivale 2026, le recrutement de personnel saisonnier vire au casse-tête pour de nombreux employeurs. Selon une enquête nationale menée par Staff & Go auprès de plus de 3 000 entreprises, 47 % d’entre elles n’ont pas réussi à pourvoir la totalité de leurs postes. Un chiffre qui illustre la tension croissante sur un marché où les secteurs de l’hébergement-restauration, de l’agriculture ou encore du commerce de détail voient leurs besoins en main-d’œuvre exploser.

« En France, un grand nombre de secteurs sont tributaires des emplois saisonniers. […] Pour beaucoup d’acteurs qui recrutent vite, en volume, dans plusieurs métiers, avec des règles différentes, l’embauche de saisonniers fait exploser la charge administrative et le risque d’erreur », analyse Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go.

Un marché du travail sous haute tension

L’étude révèle que si 61 % des entreprises des secteurs les plus saisonniers expriment des besoins de recrutement, près de la moitié (47 %) ne parviennent pas à leurs fins. Si l’échec total reste rare (8 %), la plupart des entreprises concernées n’arrivent à pourvoir qu’une partie de leurs postes vacants (respectivement 21 % à 75 %, 13 % à 50 % et 5 % à 25 %).

Pour trouver la perle rare, les entreprises s’appuient massivement sur des canaux de proximité. La réembauche d’anciens saisonniers (49 %) constitue le premier vivier, suivie des candidatures spontanées (42 %) et du bouche-à-oreille local (38 %). Les outils numériques comme les réseaux sociaux (25 %) ou les sites d’emploi généralistes (22 %) viennent compléter ce socle traditionnel, tandis que les canaux institutionnels comme France Travail sont utilisés par 21 % des recruteurs.

Une charge administrative artisanale et chronophage

Au-delà de la recherche de candidats, la gestion administrative représente un obstacle majeur. Ainsi, 67 % des recruteurs estiment y consacrer plus de 30 minutes par embauche, et 11 % y passent même plus d’une heure et demie. Les principales sources d’erreurs redoutées sont la rédaction et l’envoi des contrats (27 %) ainsi que la Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) et les formalités préalables (22 %).

Cette complexité est accentuée par des méthodes de gestion souvent artisanales : plus d’une entreprise sur deux (54 %) utilise encore un suivi manuel de type Excel ou papier. Seules 29 % ont recours à un logiciel RH ou un SIRH dédié pour automatiser et sécuriser ces processus.

Le témoignage de Julie Ferras, Gestionnaire RH chez SARL ACA (franchise Intersport), illustre parfaitement ce défi opérationnel :

« La difficulté ne se limite pas à attirer des candidats : il faut aussi absorber les flux, les documents, la conformité et le bon timing administratif. À lui seul, le recrutement de 100 saisonniers peut représenter 125 heures d’administratif, soit plus de 3 semaines de travail à temps plein consacrées à des tâches non productives. À cela s’ajoutent les risques d’erreurs sur la DPAE, les contrats, les pièces obligatoires, la gestion des mineurs, les entrées-sorties et les soldes de tout compte. Cette complexité est encore renforcée par les pics d’activité, la coexistence de plusieurs conventions collectives et les règles spécifiques de certains publics ou secteurs. Sur certaines périodes, les saisonniers représentent jusqu’à 80 % de nos recrutements, avec des pics allant jusqu’à 150 recrutements. Nous devions sécuriser nos contrats, fiabiliser les DPAE etarrêter de perdre un temps considérable dans des tâches répétitives. En structurant notre méthode avec les outils développés par Staff & Go, nous avons divisé par 7 le temps consacré à l’administratif. Au final, moins d’erreurs, plus de fluidité pour les managers, plus de sérénité RH et une meilleure fidélisation des bons saisonniers ».

Un contexte global qui n’arrange rien

Cette tension est corroborée par le ressenti des entreprises : 49 % jugent qu’il est plus difficile de trouver des saisonniers cette année que les précédentes. À cela s’ajoute un climat général jugé peu favorable. Le contexte politico-économique actuel apparaît comme un facteur aggravant pour 56 % des entreprises interrogées, ajoutant une couche d’incertitude à un processus déjà complexe.

Le recrutement des mineurs, une fausse bonne idée ?

Face à cette pénurie, l’embauche de mineurs pourrait sembler une solution, mais elle se heurte à des obstacles concrets. Seules 25 % des entreprises déclarent en recruter déjà. Pour les autres, les freins sont multiples : les contraintes légales et administratives jugées trop importantes (43 %), des missions incompatibles avec ce public (38 %) ou encore des horaires de travail inadaptés (35 %). Loin d’être un vivier facilement mobilisable, ce public nécessite un encadrement et des conditions de travail spécifiques que beaucoup d’employeurs ne peuvent assurer durant les pics d’activité.

Méthodologie et à propos

L’enquête a été réalisée en ligne du 13 au 18 mars 2026 par Staff & Go auprès d’un échantillon représentatif de 3 075 entreprises des secteurs de l’hébergement-restauration, l’agriculture, le commerce de détail, l’industrie agroalimentaire, et les transports et l’entreposage.

Staff & Go (https://staffngo.com/) est une solution française de Système d’Information des Ressources Humaines (SIRH) modulaire conçue pour les TPE et PME, visant à simplifier et sécuriser la gestion administrative et les obligations sociales des entreprises.