PARIS : Emploi – L’intérim dévisse de 5,6 % en…
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PARIS : Emploi – L’intérim dévisse de 5,6 % en mars en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Selon le baromètre de Prism’emploi, l’emploi intérimaire a chuté de 5,6 % en PACA en mars, tiré vers le bas par l’effondrement du BTP.
L’emploi intérimaire en Provence-Alpes-Côte d’Azur a connu une baisse significative de 5,6 % en mars 2026 par rapport à mars 2025, selon le dernier baromètre publié ce mardi par Prism’emploi, l’organisation professionnelle du recrutement et du travail temporaire. Ce recul régional est nettement plus marqué que la moyenne nationale, qui s’est établie à -2,9 % sur la même période, témoignant de tensions particulières sur le marché du travail local.
Prism’emploi, qui regroupe plus de 600 enseignes représentant 90 % du chiffre d’affaires de la profession à travers 12 000 agences d’emploi, dresse un portrait contrasté d’une région aux dynamiques hétérogènes.
Le BTP en chute libre, le commerce résiste
L’analyse sectorielle révèle des divergences profondes. Le BTP est le secteur le plus durement affecté avec un effondrement de 18,6 % de ses effectifs intérimaires, une contraction bien plus sévère que la baisse nationale de 8,5 %. L’industrie n’est pas épargnée et enregistre un recul de 5,7 %, alors même qu’elle progresse de 2,9 % sur l’ensemble du territoire français. Les services, quant à eux, limitent leur repli à -1,0 %.
À contre-courant de la tendance générale, deux secteurs ont affiché une santé robuste en région PACA. Le commerce a connu une croissance notable de 8,7 %, et les transports ont progressé de 2,8 %, alors que ces deux branches d’activité étaient en baisse au niveau national (respectivement -4,8 % et -3,3 %).
Les ouvriers qualifiés, premières victimes du recul
En matière de qualifications, la crise a touché de manière inégale les travailleurs. Les ouvriers qualifiés ont payé le plus lourd tribut avec une chute de 11,4 % de leurs effectifs. Le repli a été également sensible pour les employés (-3,7 %), tandis que les ouvriers non qualifiés ont connu une situation de quasi-stagnation (-0,2 %).
Seuls les cadres et les professions intermédiaires ont tiré leur épingle du jeu, avec une légère augmentation de 0,5 % de l’emploi intérimaire pour cette catégorie, confirmant une demande persistante pour des compétences plus élevées.
De fortes disparités entre les départements
La moyenne régionale masque des réalités territoriales très contrastées. Certains départements ont subi une véritable tempête sur le front de l’emploi temporaire. Les Hautes-Alpes ont accusé une chute vertigineuse de 22,1 %, suivies par le Var (-15,5 %) et les Alpes-Maritimes (-14,9 %). Le Vaucluse a également enregistré une baisse marquée de 8,4 %.
À l’inverse, les Bouches-du-Rhône, poids lourd économique de la région, ont fait preuve d’une forte résilience avec un recul très contenu à -0,6 %. Fait notable, les Alpes-de-Haute-Provence se sont distinguées par une croissance positive de 1,6 % de leurs effectifs intérimaires.
Un contexte national également morose
Ce repli en Provence-Alpes-Côte d’Azur s’inscrit dans un contexte national où l’emploi intérimaire, avec 661 700 équivalents temps plein (ETP), a reculé de 2,9 % en mars. Selon Prism’emploi, cette tendance s’explique par une conjoncture moins favorable, marquée par une dégradation du climat des affaires dans l’industrie, une consommation des ménages pénalisée par l’inflation et des coûts énergétiques élevés qui pèsent sur le BTP et les transports.
Les données complètes et les analyses de l’organisation sont disponibles sur son site internet (www.prismemploi.eu).


