PARIS : Éducation – La pauvreté décide encore massive…
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PARIS : Éducation – La pauvreté décide encore massivement du destin scolaire
ATD Quart Monde présente ce samedi à Paris les résultats d’une recherche participative inédite sur les mécanismes de ségrégation à l’école primaire.
C’est un constat structurel et documenté qui bouscule le mythe de l’égalité des chances. En France, la pauvreté continue de déterminer très tôt, et de manière souvent irréversible, les trajectoires scolaires des élèves. Ce samedi 24 janvier 2026, l’association ATD Quart Monde (https://www.atd-quartmonde.fr/) dévoile à l’Académie des sciences les conclusions de six années de travaux menés au cœur des écoles maternelles et élémentaires.
Des filières de relégation sociale
L’enquête, baptisée CIPES (Choisir l’Inclusion Pour Éviter la Ségrégation), dresse un état des lieux alarmant des dispositifs d’orientation. Les chiffres de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) cités par l’association sont sans appel : 72,1 % des élèves en SEGPA (Sections d’enseignement général et professionnel adapté) et 80 % des élèves en ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) sont issus de milieux défavorisés.
Loin de constituer un tremplin, ces filières scellent souvent l’échec académique. En SEGPA, seuls 5 % des élèves sont inscrits au Diplôme national du brevet, et à peine 1 % l’obtient. L’insertion professionnelle s’en trouve lourdement impactée : neuf ans après leur entrée en 6ème, seuls 37 % de ces élèves ont obtenu un CAP, une orientation par ailleurs souvent subie et non choisie. Pour les auteurs du rapport, ces mécanismes « produisent une ségrégation scolaire durable et contribuent directement à la reproduction de la grande pauvreté ».
Une méthodologie participative inédite
La force de cette étude réside dans son approche unique. Le projet CIPES (https://experimentation-cipes-ecoles.fr/) ne se contente pas d’analyser des statistiques froides. Il s’appuie sur une recherche participative croisant les regards de chercheurs universitaires, d’enseignants, mais aussi de parents ayant l’expérience de la grande pauvreté, positionnés ici comme « co-chercheurs ».
Cette démarche vise à briser les malentendus entre l’institution scolaire et les familles précaires. « Grâce au projet CIPES, les choses ont bougé car le monde de l’école a pris plus en considération les parents », témoigne un militant Quart Monde impliqué dans la recherche. « Souvent nous ne sommes pas écoutés, entendus par les enseignants, mais avec le travail d’ATD Quart Monde, la voix des parents a été entendue grâce aux travaux, aux temps d’échanges et de réflexion ».
Des préconisations pour l’école de demain
La restitution de ces travaux se tient le 24 janvier à l’Académie des sciences à Paris, une institution partenaire engagée dans une réflexion de fond sur l’avenir de l’école via un groupe de travail piloté par l’académicienne Laure Saint-Raymond.
Un document de synthèse intitulé « École et grande pauvreté : lutter contre les discriminations » sera remis aux participants. Il formule des préconisations concrètes pour renouveler les pratiques pédagogiques et apaiser la relation école-famille, conditions sine qua non pour permettre la réussite de tous au sein de la classe ordinaire.
L’événement, dont les places sont limitées, nécessite une inscription préalable en ligne (https://atdqm.fr/inscription24janvier).