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PARIS : Éducation – Familles de France exige un « plan d’urgence » face à la crise des remplacements

Face à une crise des remplacements d’enseignants jugée « inacceptable », l’association Familles de France interpelle le gouvernement.

La sonnette d’alarme est de nouveau tirée sur l’état du système éducatif français. S’appuyant sur une enquête annuelle du syndicat des chefs d’établissement SNPDEN-UNSA, présentée le 26 mai 2026, l’association Familles de France dénonce une situation critique concernant le non-remplacement des enseignants absents et demande au ministre de l’Éducation nationale d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Les chiffres, qualifiés d’« accablants », révèlent une réalité que les parents et les élèves subissent quotidiennement.

Un constat alarmant confirmé par les chiffres

Selon l’enquête du SNPDEN-UNSA, la continuité du service public de l’éducation n’est plus assurée de manière satisfaisante. Pas moins de 41 % des établissements scolaires déclarent manquer d’au moins un professeur, et la situation s’aggrave puisque plus d’un établissement sur deux doit gérer l’absence simultanée de deux à cinq enseignants non remplacés. Pour l’association, ces statistiques ne sont pas de simples données abstraites.

« Derrière ces statistiques, ce sont des enfants qui restent des heures sans cours, des parents qui s’organisent dans l’urgence, et des apprentissages fondamentaux sacrifiés jour après jour », alerte Familles de France dans son communiqué.

L’organisation y voit une « perte de chance inacceptable pour nos enfants, en particulier les plus vulnérables », et estime que la dégradation continue des remplacements, notamment pour les absences de longue durée, n’est plus tolérable.

Une crise ancienne et documentée

Cette situation explosive n’est pas nouvelle. Familles de France rappelle qu’un rapport de la Cour des comptes, publié en 2025, documentait déjà l’aggravation de cette crise depuis 2018. Ce rapport, intitulé « Des enseignants de plus en plus irremplaçables : une politique à revoir », pointait une hausse significative des absences (+17,4 % de demi-journées dans le premier degré entre 2018 et 2024) et une explosion des heures non remplacées (+49 % dans le premier degré et +93,2 % dans le second degré sur la même période).

Le rapport chiffrait le coût global des absences à plus de 5,4 milliards d’euros en 2022. Pour l’association, le fait que ces alertes aient été « ignorées » constitue une « faute grave ». L’étude complète est consultable sur le site de la Cour des comptes (https://www.ccomptes.fr).

Le nouveau congé de naissance, un progrès social à double tranchant

Paradoxalement, une avancée sociale majeure pourrait aggraver la situation. Familles de France salue la mise en place du nouveau congé de naissance, le considérant comme « une avancée sociale pleinement justifiée » et « une victoire pour les familles ». Cependant, cette mesure, en permettant aux enseignants d’être plus présents auprès de leurs nouveau-nés, va mécaniquement augmenter le nombre d’absences à combler.

L’association craint que, sans une anticipation sérieuse et un renforcement des viviers de remplaçants, ce progrès ne se transforme en cauchemar pour l’organisation scolaire.

« Il serait tragique qu’une réforme gagnée pour les familles se retourne contre leurs enfants à l’école », prévient l’organisation.

Un appel à une action ministérielle immédiate

Face à l’urgence de la situation, Familles de France demande au ministre de l’Éducation nationale de présenter « un plan concret, chiffré et urgent pour faire face à cette réalité ». L’association insiste sur l’impact irréversible de chaque heure de cours manquée sur le parcours des élèves.

« Nos enfants n’ont qu’une scolarité. Chaque heure de cours perdue ne se rattrape que difficilement. »

L’appel est désormais clairement lancé en direction du ministère, dont les décisions seront scrutées avec la plus grande attention par des millions de familles à travers le pays.

via Presse Agence.