PARIS : Économie – Un niveau historique de défaillanc…
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PARIS : Économie – Un niveau historique de défaillances en 2025 malgré une accalmie en vue
Le groupe Altares dévoile un bilan 2025 lourd avec près de 70 000 défaillances d’entreprises, tout en notant un net ralentissement de la hausse pour 2026.
L’année 2025 s’est achevée sur un constat en demi-teinte pour le tissu économique français. Selon les dernières données publiées ce mardi par Altares, expert de l’information sur les entreprises, la France a frôlé la barre symbolique des 70 000 procédures ouvertes (sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires), un niveau inédit depuis plusieurs années.
Si le quatrième trimestre 2025 marque un record absolu pour cette période avec 19 024 défauts, l’étude met en lumière une décélération notable de la sinistralité. La hausse des faillites s’établit à +1,7 % en fin d’année, bien loin des +10 % enregistrés fin 2024 ou des +38 % de 2023. Cette tendance laisse entrevoir une possible stabilisation pour l’année qui débute.
Les PME-ETI et l’emploi en première ligne
L’inquiétude se concentre particulièrement sur les structures de plus de 100 salariés. Pour ces PME et ETI, l’année 2025 a été rude avec 236 défauts, soit une augmentation de 18,6 %. Ces difficultés ont un impact direct et massif sur l’emploi : 267 200 postes ont été menacés sur l’ensemble de l’année, dont 68 000 sur le seul dernier trimestre.
L’industrie manufacturière (21 % des grands défauts) et le secteur social (12 %) sont surreprésentés parmi ces défaillances majeures. Cependant, une note d’espoir subsiste : 90 % de ces grandes entreprises parviennent à éviter la liquidation judiciaire directe, privilégiant le redressement ou la sauvegarde.
L’ubérisation de l’économie frappée de plein fouet
L’analyse sectorielle révèle des fractures importantes. Les entrepreneurs individuels, notamment dans les secteurs liés aux plateformes, traversent une crise sévère. Les défaillances explosent chez les chauffeurs de taxis (+137 %) et dans la livraison à domicile de colis et de repas (+255 %).
À l’inverse, le secteur de la construction, baromètre traditionnel de la santé économique, montre des signes de résilience inattendus. Avec une baisse de 8,1 % des défauts au quatrième trimestre, le bâtiment reprend des couleurs, porté notamment par le gros œuvre. Le transport routier de marchandises confirme également sa solidité avec un recul de 16,3 % des procédures.
Disparités régionales et perspectives 2026
Sur le plan territorial, la carte de France se redessine. La Normandie, les Hauts-de-France, la région PACA et le Grand-Est basculent dans le vert avec une baisse des procédures en fin d’année. À l’opposé, la Corse (+26 %), les départements d’Outre-Mer (+24,1 %) et les Pays de la Loire (+22 %) accusent le coup avec une forte dégradation au dernier trimestre.
Thierry Millon, Directeur des études chez Altares, analyse ce contexte complexe : « L’économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal mêlant à la fois une inflation maîtrisée et une croissance atone […]. L’année se conclut donc sur 70 000 défaillances d’entreprises, un niveau historique qui, au-delà d’une conjoncture difficile, peut questionner sur les faiblesses financières, logistiques ou structurelles de l’écosystème entrepreneurial français ».
Altares (https://www.altares.com), partenaire exclusif en France de Dun & Bradstreet, souligne que les entreprises devront faire preuve d’audace en 2026 pour naviguer entre les nouvelles obligations réglementaires, comme la facturation électronique, et les tensions de trésorerie persistantes.
L’étude complète est disponible en ligne sur le site d’Altares (https://services.hosting.augure.com/Response/c6aTf/{f0bd582c-6f86-4db0-bf48-13257b0cceff}).