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PARIS : Économie – L’intelligence artificielle…

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PARIS : Économie – L’intelligence artificielle peine à transformer ses promesses en performance financière

Une vaste enquête mondiale dévoilée en marge du Forum de Davos révèle que la majorité des dirigeants ne constate pas encore de retour sur investissement tangible lié à l’IA.

Alors que le Forum de Davos 2026 ouvre ses portes, l’écart se creuse entre l’omniprésence du discours sur l’intelligence artificielle et la réalité économique des entreprises. La dernière « Global CEO Survey » du cabinet de conseil PwC dresse un constat sans appel : malgré des investissements massifs, la rentabilité de l’IA reste encore à démontrer pour une grande partie des décideurs.

Un paradoxe de rentabilité

L’enquête, menée auprès de 4 454 dirigeants répartis dans 95 pays, met en lumière une statistique frappante. 56 % des chefs d’entreprise interrogés déclarent que l’intelligence artificielle n’a, pour l’heure, généré ni gains de revenus ni économies de coûts significatives au sein de leur organisation.

Le cercle des entreprises tirant pleinement profit de cette technologie demeure restreint. Seuls 12 % des dirigeants affirment avoir obtenu simultanément une hausse des revenus et une baisse des coûts grâce à l’IA au cours des douze derniers mois. Ce constat intervient dans un climat morose : la confiance des dirigeants dans la croissance de leurs revenus à un an chute à 30 %, contre 38 % l’an dernier et un pic de 56 % atteint en 2022.

Le défi du passage à l’échelle

Face à ce décrochage, une fracture concurrentielle semble se dessiner entre les entreprises « augmentées » et celles qui restent au stade expérimental. Les données indiquent que les dirigeants ayant intégré l’IA au cœur de leurs produits, de leur stratégie de commercialisation et de leur prise de décision sont deux à trois fois plus nombreux à constater des gains concrets.

Pour les experts du secteur, tels qu’Emmanuel Benoist, CEO de PwC France, et Wafaa Amal, CEO de Prisme.ai, l’enjeu ne réside plus dans la technologie elle-même, mais dans la capacité à l’industrialiser. Le « passage à l’échelle » devient le véritable test de maturité, alors que l’incapacité à dépasser le stade des projets pilotes (POC) commence à peser sur la compétitivité et la confiance des décideurs.