PARIS : Économie – Le moral et la consommation des mé…
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PARIS : Économie – Le moral et la consommation des ménages repartent à la hausse en ce début d’année
Le cabinet Asterès confirme un regain d’optimisme et une reprise de la consommation début 2026, offrant un soutien clé à la demande intérieure.
C’est une bouffée d’oxygène pour l’économie française. Après une fin d’année 2025 en demi-teinte, les indicateurs macroéconomiques virent au vert en ce premier trimestre 2026. Dans une note de conjoncture publiée ce vendredi 27 février, le cabinet d’études économiques Asterès, par la voix de son économiste Lucile Bembaron, dresse un constat encourageant : la demande intérieure, moteur traditionnel de la croissance tricolore, montre des signes tangibles de vigueur. Cette dynamique repose sur un double mouvement vertueux : un rebond de la consommation et une amélioration continue de la confiance des ménages.
Un rebond significatif de la consommation
Les chiffres publiés ce matin par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) viennent confirmer l’analyse du cabinet. Alors que le mois de décembre 2025 avait été marqué par un recul de 0,5 % des dépenses, le mois de janvier 2026 inverse la tendance avec une progression de 0,5 %.
Ce redémarrage ne concerne pas uniquement un secteur isolé, mais semble se diffuser à l’ensemble des postes de dépenses. La consommation de biens fabriqués, souvent considérée comme un indicateur avancé de la santé du portefeuille des Français, a bondi de 1 % après avoir chuté de 0,8 % le mois précédent. De même, la consommation alimentaire, poste budgétaire particulièrement sensible à l’inflation, reprend des couleurs avec une hausse de 0,6 %, effaçant ainsi le recul de 0,5 % observé en fin d’année dernière. Pour les analystes, ces données prouvent que la baisse de l’inflation commence concrètement à se matérialiser dans le caddie des consommateurs.
Le bas de laine se vide au profit des achats
Ce regain d’activité s’explique par un changement de psychologie chez les particuliers. L’indice de confiance des ménages, baromètre clé du climat économique, s’établit à 91 en février, contre 90 en janvier et seulement 89 il y a un an. Si ce niveau reste encore inférieur à sa moyenne de long terme (fixée à 100), la trajectoire est clairement orientée à la hausse.
Corollaire de cet optimisme retrouvé : les Français sont moins enclins à thésauriser. En 2025, face à l’incertitude, le taux d’épargne avait atteint des sommets, représentant 18,5 % du revenu disponible brut. Aujourd’hui, la tendance s’inverse. Le solde d’opinion jugeant « opportun d’épargner » a reculé d’un point en février pour tomber à 39, bien loin du pic de 45 atteint en décembre dernier. Cette désaffection relative pour l’épargne de précaution est une excellente nouvelle pour les commerçants et les industriels, car elle libère un pouvoir d’achat jusqu’ici gelé.
L’inflation sous contrôle et le niveau de vie revalorisé
L’amélioration du moral des ménages est directement liée à la perception d’une accalmie sur le front des prix. La part des ménages anticipant une accélération de l’inflation au cours des douze prochains mois recule, ce qui favorise une vision plus positive de leur niveau de vie futur (indicateur en hausse de trois points).
Bien que l’inflation ait connu un léger sursaut technique en février 2026 (+1,0 % après +0,3 % en janvier), elle reste contenue. Après une année 2025 marquée par une désinflation nette (0,9 % contre 2 % en 2024), les prévisions de la Banque de France tablent sur une hausse des prix maîtrisée autour de 1,3 % pour l’ensemble de l’année 2026, restant sous la barre symbolique des 2 %.
L’ombre persistante du chômage
Si le tableau d’ensemble est positif, un point noir subsiste : le marché de l’emploi. L’inquiétude des Français concernant le chômage s’accentue nettement. L’indicateur mesurant cette crainte a grimpé de deux points pour atteindre 48 en février, un niveau très supérieur à sa moyenne de long terme située à 33.
Avec un taux de chômage qui frôle désormais les 8 %, cette dégradation des anticipations constitue le principal point de vigilance pour les mois à venir. Toutefois, comme le souligne Asterès, cette crainte ne suffit pas, pour l’heure, à enrayer la reprise de la confiance globale ni à freiner les dépenses. Le scénario d’une croissance 2026 soutenue par la consommation tient donc la corde, à condition que les tensions sur l’emploi ne s’aggravent pas davantage.