PARIS : De Mulhouse à Marseille, une étude révèle la géogra…
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PARIS : De Mulhouse à Marseille, une étude révèle la géographie du ras-le-bol au travail
Le vendredi 9 janvier 2026, la plateforme JobLeads a publié une étude inédite sur les intentions de démission des Français, révélant une fracture territoriale nette.
Basée sur l’analyse des recherches en ligne, l’enquête couronne Mulhouse, Nancy et Argenteuil comme les villes où l’envie de changer d’emploi est la plus forte. À l’inverse, Marseille, Toulon et Annecy se distinguent par une plus grande stabilité professionnelle, illustrant des rapports au travail et des contextes socio-économiques très contrastés.
La traditionnelle résolution de nouvelle année consistant à changer de travail n’est pas une envie partagée de manière uniforme en France. Une analyse menée par la plateforme de recherche d’emploi JobLeads, qui a étudié les recherches Google liées à la démission dans les grandes villes françaises entre 2023 et 2025, dresse un portrait saisissant des aspirations professionnelles locales. Le résultat est un « score de démission » qui met en lumière les territoires où la rupture professionnelle est la plus envisagée.
Le Grand Est et l’Île-de-France, champions du départ.
En tête du classement des villes les plus prêtes à démissionner, Mulhouse (Haut-Rhin) obtient le score le plus élevé avec 8,95/10. La ville se distingue par un volume très important de recherches sur le processus de démission (181 pour 10 000 habitants), signe d’une volonté concrète de passer à l’acte. Les analystes y voient l’influence d’un tissu industriel sujet aux restructurations, poussant les salariés vers la reconversion.
Juste derrière, Nancy (Meurthe-et-Moselle) affiche un score de 8,57/10, avec une préoccupation marquée pour la santé mentale (38 recherches pour 10 000 habitants). La présence d’une population jeune et qualifiée expliquerait cette tendance à questionner plus facilement sa carrière. Argenteuil (Val-d’Oise), avec 8,02/10, complète le podium, reflétant les tensions du marché francilien : coût de la vie, temps de transport et pression professionnelle intense.
Dans le Sud, la stabilité avant tout.
À l’opposé du spectre, certaines métropoles semblent bien plus attachées à leur emploi. Marseille (Bouches-du-Rhône) est la ville la moins encline au changement, avec un score de seulement 0,48/10. La cité phocéenne enregistre un très faible nombre de recherches liées à la santé mentale (5 pour 10 000 habitants). Un fort attachement local et une culture du « faire avec » pourraient expliquer cette résilience.
Toulon (Var) et Annecy (Haute-Savoie) suivent cette tendance avec des scores respectifs de 1,35/10 et 1,82/10. Pour la première, la prédominance du secteur public et militaire favorise la stabilité. Pour la seconde, une qualité de vie exceptionnelle et un marché de l’emploi dynamique semblent suffire à retenir les talents.
Une mutation profonde du rapport au travail.
Au-delà de ces disparités géographiques, l’étude confirme une tendance de fond. Le ministère du Travail a d’ailleurs recensé 426 100 démissions de CDI au deuxième trimestre 2025. Pour Jan Hendrik von Ahlen, cofondateur de JobLeads, cette dynamique est claire : « Les nouvelles générations hésitent de moins en moins à démissionner lorsqu’un emploi ne correspond plus à leurs valeurs ou lorsque l’environnement de travail est perçu comme toxique. La quête de sens, de flexibilité et de bien-être mental est désormais au cœur des décisions professionnelles ».
L’étude rappelle ainsi que la démission, loin d’être un simple acte administratif, est devenue une démarche complexe, mêlant aspirations personnelles, santé psychologique et préparation rigoureuse. Un signal fort pour les entreprises sur l’importance de la fidélisation des salariés en 2026.