PARIS : Défense – ORION 2026, l’exercice hors n…
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PARIS : Défense – ORION 2026, l’exercice hors norme pour préparer la haute intensité
Face à la dégradation du contexte international, les armées françaises déploient dès ce mois de février un dispositif d’entraînement massif et multidomaine pour éprouver leur réactivité opérationnelle en coalition.
Prêtes à agir et déterminées à protéger. Tel est le mot d’ordre qui résonne au sein du Ministère des Armées alors que la France s’apprête à entrer dans la phase active de l’exercice ORION 2026. Conçu dès 2021 mais ajusté pour coller à la réalité des menaces actuelles, cet entraînement majeur vise à préparer les forces aux situations les plus complexes, allant de la guerre hybride au combat de haute intensité.
Un scénario fictif mais réaliste.
Pour éprouver la chaîne de commandement et les troupes, un scénario crédible, basé sur les standards de l’OTAN, a été élaboré. Il met en scène une nation expansionniste fictive, « Mercure », qui tente de déstabiliser son voisin « Arnland » pour empêcher son rapprochement avec l’Union européenne.
Après une phase de planification rigoureuse débutée en 2023 et intensifiée ces derniers mois, la situation simulée a conduit la France à prendre la tête d’une coalition le 6 janvier dernier pour assurer la défense de son allié. Cet exercice incarne l’escalade militaire, passant d’actions de déstabilisation invisibles à un conflit ouvert nécessitant une réponse massive.
Déploiement imminent des forces.
Dès le 8 février prochain, l’exercice entrera dans sa phase dynamique (O2) avec la conquête de la supériorité aérienne et maritime. Cette étape cruciale mobilisera près de 10 000 militaires, deux bases navales, un groupe aéronaval, deux porte-hélicoptères amphibies et une cinquantaine d’avions.
L’objectif est de démontrer la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre d’opération et à commander une coalition. Les opérations se dérouleront notamment sur la façade atlantique, avec des points clés à Brest, Lorient et Saint-Nazaire, où une journée média est prévue le 19 février.
Le cyber et l’espace, nouveaux champs de bataille.
ORION 2026 ne se limite pas aux affrontements conventionnels. L’exercice intègre pleinement les nouveaux domaines de conflictualité. Le volet cyber, piloté par le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER), soumettra les forces à une pression constante avec des incidents ayant des conséquences opérationnelles réelles sur les systèmes d’information.
Parallèlement, l’exercice spatial militaire SparteX 2026 se jouera de manière coordonnée. Le Commandement de l’Espace (CDE) testera sa capacité à soutenir les opérations multi-milieux, renforçant ainsi l’interopérabilité et la synergie avec le CNES et les partenaires commerciaux.
Une manœuvre au cœur des territoires.
L’une des particularités d’ORION 2026 est de sortir des camps militaires pour s’entraîner en « terrain libre ». Au total, 15 départements métropolitains ainsi que la Guyane seront concernés. Cette approche permet aux soldats de manœuvrer dans des conditions réalistes, au contact de la population, renforçant ainsi le lien armée-Nation et la cohésion nationale.
La phase O3 de l’exercice, qui court tout au long de l’opération, testera également la résilience nationale et la coordination interministérielle face aux répercussions d’un engagement majeur sur le sol national. Douze ministères sont impliqués pour gérer les crises simulées.
L’OTAN en ligne de mire.
L’exercice culminera au printemps, courant avril, avec la phase O4 simulant un engagement d’envergure sous commandement de l’OTAN. À cette occasion, 12 500 militaires, 1 800 véhicules tactiques et trois divisions multinationales seront déployés pour mener une contre-attaque et rétablir l’intégrité du territoire allié.
De nombreuses nations partenaires, dont l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie ou encore l’Espagne, participeront aux différentes phases, confirmant le rôle de la France comme nation-cadre fiable et crédible au sein de l’Alliance atlantique.