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PARIS : Défense – La Suède commande quatre frégates françaises à Naval Group

Naval Group a remporté un contrat de 4 milliards d’euros pour la vente de quatre frégates à la Suède, confirmant le dynamisme de l’industrie française.

L’industrie française de l’armement confirme sa place de leader sur la scène internationale avec l’annonce, ce mardi 19 mai 2026, d’un contrat stratégique remporté par Naval Group. Le groupe industriel français construira quatre frégates de défense et d’intervention (FDI) pour la marine suédoise, une commande estimée à quatre milliards d’euros qui le place devant des concurrents majeurs comme le britannique Babcock, l’espagnol Navantia ou le suédois Saab.

La nouvelle, confirmée dans la matinée par le président Emmanuel Macron sur son compte officiel X, illustre la vitalité d’un secteur porté par un contexte géopolitique tendu. La guerre en Ukraine et le réarmement généralisé en Europe créent une forte demande pour des équipements militaires fiables, interopérables avec les standards de l’OTAN et disponibles rapidement.

Un choix stratégique pour Stockholm

Le choix de la Suède s’est porté sur un navire déjà éprouvé. La FDI, dont le premier exemplaire, l’Amiral Ronarc’h, est déjà en service dans la Marine nationale, a su convaincre par ses capacités technologiques avancées. Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a salué un « système naval intégré et éprouvé ».

De son côté, le ministre de la Défense, Pål Jonson, a souligné que trois critères avaient été décisifs dans la décision de Stockholm : la rapidité de livraison, la fiabilité de la plateforme et sa capacité antimissile. La France s’est engagée à livrer une première frégate « totalement équipée » d’ici 2030, un calendrier resserré qui a pesé lourd dans la balance. La FDI est en effet l’un des rares navires en Europe à être doté d’un système de défense aérienne capable d’intercepter des missiles balistiques, répondant ainsi à une préoccupation majeure de la Suède qui cherchait un modèle opérationnel avant 2035.

Le dynamisme de l’écosystème de défense français

Ce succès commercial s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération franco-suédoise, intensifiée depuis l’adhésion de la Suède à l’OTAN en 2024. Paris a d’ailleurs récemment fait l’acquisition d’équipements suédois, notamment les avions radar GlobalEye et les radars Giraffe 1X.

Plus globalement, ce contrat met en lumière la force de l’écosystème industriel de la défense française. Des acteurs comme Naval Group pour le naval, Dassault pour l’aéronautique, Nexter pour le terrestre ou encore MBDA pour les missiles, constituent un pilier économique majeur, représentant plus de 200 000 emplois directs et indirects et affichant des exportations record.

Un paradoxe : l’opposition locale dans le Var

Toutefois, ce succès international se heurte parfois à des résistances locales. Dans le Var, près de Toulon, le projet d’implantation du Centre d’excellence de drones et d’armes sous-marines de Naval Group sur le site des Bormettes, à La Londe-les-Maures, suscite l’opposition de collectifs écologistes. Ce futur pôle technologique a pour ambition de regrouper, à terme, 550 collaborateurs aujourd’hui dispersés sur les sites de Saint-Tropez, Toulon et Ollioules, illustrant le paradoxe d’une industrie stratégique en pleine expansion mais dont le développement local n’est pas sans friction.

Bernard BERTUCCO VAN DAMME via Press Agence.